Une délinquance de plus en plus puissante et structurée 

La sécurité est devenue un thème incontournable de la campagne à la mairie de Paris. Agressions sexuelles, cambriolages, trafics de drogue : Alexandre Aggas, délégué syndical de la police dresse un constat sans appel. Le chantier est immense pour le futur maire de la capitale.  

Les Parisiens ont encore en mémoire la soirée du 13 février. Ce soir-là, un islamiste radical récidiviste agresse des gendarmes avant d’être abattu. Ce n’est pas qu’un sentiment ; À Paris, l’insécurité augmente et se chiffre : en 2025, les violences physiques ont augmenté d’environ 9 % par rapport à l’année précédente. 

« Les délits deviennent de plus en plus durs. »

C’est le constat dressé par Alexandre Aggas, délégué du syndicat Alliance Police Nationale à Paris. Après 28 ans de carrière dans la police, il observe l’émergence de la criminalité organisée. « Avant, un type qui faisait du trafic de stupéfiants au coin d’une rue le faisait pour lui, ou pour un petit réseau de 3 ou 4 personnes. Désormais, la moindre vente de stups a derrière elle une organisation gigantesque parce que ça ramène beaucoup d’argent. Cela concerne aussi les cambriolages ou le trafic d’êtres humains », explique-t-il. Le trafic de drogue est bel et bien en hausse à Paris. 2 647 affaires liées au trafic de drogue ont été traitées en 2025, soit une augmentation de 9,3 % par rapport à 2024 selon la préfecture de police de Paris.  

« La sécurité devient le sujet numéro un »  

La sécurité est d’ailleurs la première préoccupation des Parisiens : 69,3 % d’entre eux la placent en tête des sujets importants pour l’élection municipale selon un sondage Ifop-Fiducial. Une thématique qui n’arrivait qu’en troisième position lors de la précédente élection en 2020.  

Au-delà de ce total, plusieurs faits d’insécurité ont eu une répercussion nationale. C’est le cas du jeune Élias, 14 ans, poignardé à mort dans le 14e arrondissement pour avoir refusé de céder son téléphone. Plus récemment, le 6 décembre 2025, trois jeunes femmes ont été violemment agressées, volées et menacées au couteau dans la station Bastille à Paris.  

Face à cela, les candidats sont dans l’obligation de proposer des mesures impactantees en matière de sécurité. Mais pour Alexandre Aggas, les moyens déployés sont déjà très conséquents : « Pour ce qui concerne le plan Vigipirate, on est au maximum. Nous avons eu une sacrée augmentation de la police avec les derniers gouvernements. Quoi qu’il en soit, on est mieux équipé que ce qu’on pouvait être il y a 20 ans », estime-t-il. Alexandre Aggas précise que l’Alliance Police Nationale n’appelle à voter pour aucun parti : « Je pense qu’il n’y aura pas de désarmement, de perte de compétences ou d’autonomie au niveau de la police, quel que soit le parti qui sera élu. » 

Tous les principaux candidats à la mairie de Paris proposent d’augmenter les moyens de la police municipale, avec plus d’agents et de surveillance, hormis Sophia Chikirou qui privilégie la médiation. Face à une délinquance qualifiée par les spécialistes de “plus en plus dure”, est-ce vraiment la solution ? 

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