Un premier débat agité
Le premier débat des municipales de Paris se tenait hier soir sur ICI Paris Île-de-France. Malgré les absences de Rachida Dati et Emmanuel Grégoire, la confrontation a eu lieu avec beaucoup de tension.
Parmi les candidats, étaient présents Sarah Knafo, Pierre-Yves Bournazel, qui devait initialement être remplacé par Marlène Schiappa, Sophia Chikirou et Thierry Mariani. Les deux favoris étaient absents, mais représentés : Emmanuel Grégoire par l’ancienne députée Lamia El Aaraje et Rachida Dati par Grégory Canal, 18e sur sa liste.
Une absence vivement critiquée par Sarah Knafo dès sa première prise de parole : « Permettez-moi de remercier les candidats qui sont là et qui respectent la démocratie. J’aurais aimé savoir ce que fait madame Dati, ce que fait monsieur Grégoire. J’aurais aimé savoir si, à cette heure, ils ont quelque chose de plus important à faire que de se confronter à la démocratie. » Même réprobation pour Pierre-Yves Bournazel : « Madame Dati et monsieur Grégoire refusent le débat. C’est un déni de la démocratie et un non-respect pour les Parisiens. Ils sont disqualifiés pour devenir le prochain maire de Paris. » Lamia El Aaraje a justifié la non-présence de son candidat par le refus de Rachida Dati de débattre.
La sécurité, principale préoccupation des Parisiens, fut la première thématique abordée. Ce qui a donné lieu à une vive altercation entre Sarah Knafo et Grégory Canal. Ce dernier n’a pas apprécié être coupé : « Laissez-moi finir, madame Knafo, je vous en prie. Vous venez de débarquer. Moi, je vous ai laissé parler. » Ce à quoi la candidate soutenue par Éric Zemmour a répondu : « Vous, ça fait des années : on voit ce que ça a donné. » Plus tard, alors que le débat portait sur l’environnement, Sarah Knafo s’agace de se faire couper par Grégory Canal : « Vous voulez pourrir le débat, monsieur Canal, c’est votre objectif ? » Ce à quoi le représentant des Républicains a réagi ironiquement : « Ça vous dérange que je vous apporte la contradiction ? Je croyais que vous étiez pour la démocratie. »
Un match LR-PS
Grégory Canal a aussi tenté d’instaurer un duel avec la représentante du Parti socialiste, l’attaquant sur son vote à l’Assemblée nationale concernant une loi de sécurité intérieure. Lamia El Aaraje a contre-attaqué sur une proposition de Rachida Dati visant à l’instauration de 8 000 caméras supplémentaires : « Pourquoi pas 20 000 ? Vous savez que ce n’est pas une compétence propre de la ville de Paris, mais de la préfecture de police. 8 000 caméras ? Ça coûte 120 millions d’euros. » Plus généralement, Lamia El Aaraje a décrié le bilan de Rachida Dati, maire du 7e arrondissement : « Le 7e arrondissement, c’est moins 9 000 habitants en 10 ans, deux rues qui ont été piétonnisées et deux pistes cyclables. » La réponse de Grégory Canal ne s’est pas fait attendre : « C’est une farce, madame. Le Paris de monsieur Grégoire, c’est le Paris de madame Hidalgo en pire : une ville aussi sale, aussi insécure, avec des élus qui disent que la police tue. »
La deuxième sur la liste d’Emmanuel Grégoire a ensuite attaqué Thierry Mariani sur une proposition concernant le logement et l’élévation d’immeubles, selon elle déjà appliquée : « C’est déjà le cas, travaillez vos dossiers parisiens. » Le candidat du Rassemblement national a contre-attaqué : « Regardez votre bilan : à cette table, c’est votre majorité qui est responsable de cette situation. »
En fin de débat, il est question du jeu des alliances en vue du second tour. La réponse est la même pour tous les candidats, qui défendent avant tout leur liste sans donner d’indices. Sarah Knafo, de son côté, ouvre la porte, insistant sur la nécessité que la droite s’unisse jusqu’à Pierre-Yves Bournazel. Ce dernier a répondu instantanément en qualifiant à cinq reprises Sarah Knafo de candidate « d’extrême droite », et donc hors des clous pour une union de la droite. Le ton monte très fortement en plateau. Après une nouvelle attaque inaudible de Grégory Canal, Sarah Knafo rétorque : « Vous parlez à une femme de confession juive, monsieur, attention. » Pas de non catégorique à gauche concernant une alliance, mais la tension ne retombe pas en plateau lorsque le présentateur William Van Qui interrompt Sophia Chikirou, en retard au chronomètre, en déclarant que « l’on n’est pas à 30 secondes près ». La candidate pour La France insoumise, désabusée, répond : « Moi je le suis, c’est incroyable. »
Prochain rendez-vous le 11 mars sur BFMTV, avec un doute sur la présence de Rachida Dati et Emmanuel Grégoire.
