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« Si j’étais maire de Paris »… avec des si, on refait Paris

Si les enjeux locaux peuvent parfois avoir du mal à intéresser, la question « si j’étais maire de Paris » elle, inspire bien les Parisiens. Transports, propreté, animaux : voici les cinq thèmes clefs de ceux qui se projettent facilement dans le fauteuil de l’Hôtel de Ville.

Par Gabriel Moser et Mathilde Henry Chanson

Remue-ménage !

Malmenés le long des boulevards, jetés sans scrupules dans le Canal, entassés dans des poubelles généreusement fournies… tel est le quotidien des emballages et des restes de cigarettes parisiennes. On dénombre 26 000 poubelles de rue, en faudrait-il plus ? 84% des Parisiens estiment que la ville est sale, un point relevé par Valérie, habitante du 10e arrondissement. «On devrait vraiment se préoccuper de la propreté des rues parisiennes, c’est parfois invivable ». Pourtant, la Ville de Paris mène plusieurs actions quotidiennes ; elle mobilise 6 300 agents pour l’entretien des quartiers. Mais depuis cinq ans, le mouvement #SaccageParis recense un tas de photos sur l’encrassement de la ville… qui favorise la stagnation des mauvaises odeurs et la prolifération des rats. « Justice ! » crient les déchets. À ce rythme, la Place de la République pourrait bientôt accueillir des manifestations pour améliorer les conditions de tri des saletés.  

Plein phare sur les dysfonctionnements du parcours navigo 

Métro, bouchons… ronchons. Le parisien connaît un tel ras-le-bol des transports en commun qu’il s’improvise cycliste ou trottinettiste… et déporte la pagaille sur les pistes roulantes. « Même si j’ai un navigo, j’ai fini par me mettre au vélo, il n’y a que cette solution pour être à l’heure au travail » témoigne Henri, jeune cadre qui réalise des allers-retours quotidiens entre la Porte de Versailles et place de la Bourse. Certes, opter pour une bécane n’est pas une simple réaction aux embouteillages de bus et aux faux-bonds du métropolitain, il y a d’autres raisons. Mais on dénonce bel et bien un manque de fluidité du trafic dans les rues de Paris et un comportement capricieux des wagons souterrains. Un chaos quotidien qui provoque des retards dans les vies de chacun, génère du tracas… et nourrit l’aigreur du parigo, patatra. À l’approche des municipales, les mobilités douces mériteraient de belles promesses d’aménagements. Un sujet coton. 

Même par temps de chien, on est câlin avec les canins 

« Paris Sausage Walk », exposition « Je t’aime comme un chien » au Bon Marché, garderies pour toutous… Ça n’échappe à personne : le parisien est devenu gaga des amis canins. Polnareff disait « Tout tout pour ma chérie » . Aujourd’hui, c’est toutou est ma chérie. Et on lui donne tout : on la chéri. « Il faut une ville plus dog friendly », sourit Olivier, véritable papa poule de son petit corgi. Selon lui, encore trop d’espaces sont interdits à sa boule de poile. 

« J’aimerais l’emmener partout mais déambuler dans Paris reste encore un parcours du combattant lorsque l’on est accompagné de quatre pattes ». Olivier appelle de ses vœux une ville plus accessible. En définitive, une ville qui brosse dans le sens du poil.

Gratte-ciel poil à gratter 

Les foudres pourraient s’abattre sur la capitale si cette dernière venait à trop s’approcher du ciel. Paris, prochaine tour de Babel ? Le sort funeste de cette construction biblique semble avoir inspiré le plan local d’urbanisme de la ville de Paris. Pas de construction plus haute que 37 mètres ! Pour le moment, les gratte-ciel se tiennent à carreau. « Les constructions sont tout de même de plus en plus nombreuses », souligne Carole du 14e arrondissement. Les velléités des gratte-ciel seraient-elles désormais de laisser libre cours à la folie des hauteurs ? En surplomb, les tours de la défense répondent d’une manière acide : la bataille est perdue d’avance. La place financière n’aime pas la concurrence. Sa situation de monopole des grandeurs, c’est très flatteur. 

Feu vert sur les espaces verts 

Au Jardin du Luxembourg on se dore la pilule, comme ce fut le cas dimanche dernier. Et les enjeux électoraux percent bien moins que les rayons. Le programme d’un politique c’est un dossier brûlant. Mais moins attrayant que le soleil des premiers week-end de mars. Les espaces verts ont bien conscience de cet avantage : ils plaisent. La verdure fait toujours carton plein, tandis que la politique peut parfois se prendre de nombreux cartons rouges. « Paris doit continuer à se verdir », témoigne Anne. Cette mère de famille apprécie venir sur les pelouses vallonnées des Buttes-Chaumont et se perdre dans ses pensées une fois parvenue sur les hauteurs. Elle contemple alors ce Paris gris depuis ce paradis vert. Tout en fredonnant le paradis blanc.

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