Pierre-Yves Bournazel, une ambition : la réparation de Paris
Pierre-Yves Bournazel, élu du 18ᵉ arrondissement, mise sur un projet de « réparation » de la capitale, articulé autour de la sécurité, de la propreté et de la maîtrise de la dette.
À 48 ans, celui qui a osé assumer son homosexualité ne mâche pas ses mots pour décrire
une capitale abîmée, et qui a donc besoin d’être réparée. Élu sous l’étiquette Les
Républicains, il quitte rapidement le parti après l’élection présidentielle pour rejoindre
d’abord Agir, puis Horizons, la formation fondée par Édouard Philippe, dont il est
aujourd’hui l’un des visages à Paris. Venant d’une région habituée à fabriquer des
présidents de la république : il est né à Riom-ès-Montagnes, dans le Cantal, et a grandi à
Tulle, en Corrèze. Ce qui l’autorise à revendiquer un parcours loin des codes parisiens
traditionnels. Issu d’une famille engagée à droite, il suit sa scolarité en province avant
d’intégrer Sciences Po Toulouse, dont il sort diplômé, avec déjà en tête l’idée de s’investir
en politique. D’abord homme de l’ombre, Il rédige d’abord des notes pour parlement
européen. Au début des années 2000, il s’installe à Paris et rejoint les réseaux de la droite
municipale, où il commence à se faire un nom dans le 18ᵉ arrondissement. « Paris, c’est
une promesse de liberté, une promesse d’avenir », aime-t-il résumer, comme pour justifier
cet engagement.
Son ascension politique débute en 2008, lorsqu’il est élu conseiller de Paris dans le 18ᵉ
arrondissement, un mandat qu’il conserve depuis, ancré dans ce territoire populaire et
contrasté. En 2017, il franchit un cap en devenant député de la 18ᵉ circonscription de
Paris, avant d’être battu en 2022.
Candidat déjà en 2020 à la mairie de Paris, il avait alors recueilli 8,99% des voix au
premier tour, sans parvenir à s’imposer comme un recours au centre droit. En 2026, il
revient avec l’ambition d’apparaître comme le « vote utile » face à la gauche sortante et à
la droite classique, soutenu par les deux anciens Premiers ministres Édouard Philippe et
Gabriel Attal. Il se présente comme un élu « raisonnable et réformateur », misant sur son
image de travailleur de terrain et sur un discours de changement sans rupture brutale.
UNE CAMPAGNE SOUS LE SIGNE DU « PARIS APAISÉ »
Autour du slogan « Paris apaisé », Pierre-Yves Bournazel veut apparaître comme celui qui
ramène du calme dans une capitale qu’il juge « fracturée » et « épuisée » par les
polémiques et la dégradation du cadre de vie. Il promet de jouer l’essentiel de son mandat
dès les cent premiers jours, avec une série de mesures ciblées sur la sécurité, la propreté
et les finances, qu’il présente comme un « plan de choc » pour remettre la ville sur de
bons rails.
Sa campagne s’appuie sur une forte mise en scène de ses soutiens nationaux : au Cirque
d’Hiver, il s’affiche entouré de ses mentors, pour installer l’image d’un candidat capable de
rassembler tout le centre et une partie du macronisme autour de lui. Dans les médias, il se
pose en « vote utile » face à la gauche sortante d’Emmanuel Grégoire et à la droite de
Rachida Dati, répète qu’il n’est « ni à vendre, ni à louer » et assure qu’il ne rejoindra « ni
Grégoire ni Dati » au second tour. Celui qui veut réparer Paris tiendra-t-il cette promesse ?
TROIS PRIORITÉS POUR « RÉPARER PARIS »
Son projet se structure autour de trois priorités qu’il martèle en meeting comme en
interviews.
. la sécurité : Pierre-Yves Bournazel promet de renforcer fortement la police municipale,
avec 6 000 agents armés, présents 24h/24, et un ciblage assumé des trafics et des
incivilités dans l’espace public.
. la propreté : il défend une privatisation complète de la collecte des déchets et du
nettoiement, assortie d’objectifs chiffrés et d’indicateurs de performance pour obliger aux
résultats.
. la maîtrise des finances locales : dans une ville qu’il juge « surendettée », il avance un
plan d’économies structurelles, passant par la fusion des bailleurs, la fin des préemptions
massives et une rationalisation de l’administration, afin de réduire la dette sans augmenter
les impôts.
Dans les sondages, le candidat de centre droit est aujourd’hui crédité d’environ 12% des
intentions de vote au premier tour, porté notamment par le soutien d’Édouard Philippe et
de Gabriel Attal. Un niveau qui pourrait lui permettre, en cas de dynamique de fin de
campagne, de se hisser parmi les prétendants au second tour dans une bataille pour Paris
plus ouverte qu’attendu.
