Paris, toujours une fête aux yeux du monde
« Notre ville est riche de siècles d’histoire et d’influences urbanistiques qui en font la plus belle ville du monde ! Et pourtant depuis 25 ans, cet héritage est maltraité : projets urbains sans âme, réalisations architecturales hors d’échelle et aménagements des espaces publics au mépris de leurs usages et de leur identité, ont défiguré d’innombrables sites emblématiques de Paris », lance la candidate Rachida Dati dans son programme, dans la rubrique « Le Paris du beau ». Paris, Ville Lumière est-elle vraiment si dégradée que ce que décrivent certains candidats ?
Vendredi 13 mars, dernier jour de campagne. Dehors il pleut, mais les passagers de la dernière rame de la ligne 1 s’en moquent. Ils sont bercés par un trompettiste qui revisite la chanson « Histoire d’un amour » de Dalida. Une classe d’enfants chante à tue-tête. Une dame porte fièrement un béret rouge. Palais Royal-Musée du Louvre, tout le monde descend. Il est temps pour la foule, de s’engouffrer dans l’étroit escalier qui mène directement au musée. Un magasin Relay nous accueille : une vitrine remplie des peluches XXL Ratatouille, le célèbre dessin animé du petit rat parisien. Le couloir du métro nous mène directement dans le musée. Ils appellent cela le « Carrousel du Louvre ». Et déjà se dessine une ligne immense pour entrer dans le musée le plus visité au monde. Rien n’arrête les touristes, même pas la pluie qui est battante aujourd’hui. Ponchos colorés et parapluies en pagaille, les touristes toujours au rendez-vous pour afficher leur ferveur pour la Ville Lumière.
«La ville est tellement belle»
Lors d’une réunion publique, le 18 janvier, Rachida Dati exclamait : « Je veux redonner à Paris sa beauté et son rayonnement, qui furent longtemps sa marque de fabrique. » Une réputation qui n’est plus à l’ordre du jour selon la candidate « Changer Paris ». Et pourtant, ce jeune Italien muni de son appareil photo immortalise la cour du musée du Louvre. Il confie ne pas être professionnel mais aime photographier la ville. « J’aime la ville, c’est la deuxième fois que je viens ici et mon monument favori est le Sacré-Coeur »
Même constat pour ce couple venu tout droit de Grèce : « C’est beau, c’est la capitale ! C’est différent de Athènes d’où on vient. La ville est tellement belle. »
«Les métros sont fonctionnels, ils sont grands, par rapport à Marseille»
Sous le joli porche du musée, nous sommes abrités. En attendant que passe une grosse averse, c’est tout un condensé de touristes qui est joyeux. De l’autre côté de la rue, dans les boutiques touristiques sous les arcades de la rue de Rivoli, les touristes se bousculent, ils prennent des photos. Tous veulent le poncho coloré Paris avec la Tour Eiffel dessus. Il ne faudrait pas passer à côté de cela. La pluie ne cesse pas, la vendeuse annonce le prix des ponchos : « Les ponchos c’est dix euros et les deux pour quinze. » Difficile de résister.
Et pourtant, loin de ce décor coloré, la candidate Rachida Dati espère que « la Rue de Rivoli retrouvera sa beauté grâce à une charte patrimoniale qui valorisera son mobilier urbain et ses arcades historiques que les commerces devront eux aussi respecter pour préserver la perspective unique de cette artère historique du Paris haussmannien. »

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« Paris est si joli »
Un groupe de jeunes Américaines se confient : « Paris est si joli, nous sommes là depuis un jour donc nous n’avons pas tout vu mais jusqu’à présent nous sommes conquises. »
La candidate « Une ville heureuse » Sarah Knafo a elle aussi consacré une partie de son programme à la politique du beau. Pour elle : « Le fonctionnalisme a remplacé l’esthétique. »
Pour ce groupe de français arrivés ce matin en train, ils ont « déjà fait Notre-Dame, le Louvre et puis après on est passés par les quais de Seine. C’est très beau, c’est ce à quoi nous nous attendions. Nous n’avons pas connu avant mais pour l’instant rien ne nous choquent ».
«L’entrée des métros avec le logo métropolitain c’est beau»
La candidate Rachida Dati veut faire appliquer une charte « Paris du Beau ». Mais aux yeux de ce groupe de lycéens venu tout droit de Marseille : « Les bâtiments sont vraiment jolis, les chanteurs dans le métro chantent bien, les métros sont fonctionnels, ils sont grands, par rapport à Marseille c’est beaucoup plus grand ».
Pour ce jeune Japonais de Tokyo qui étudie à Hokkaidō, qui s’offre son premier voyage “backpack” solo à Paris. Et pour lui : « La ville est vraiment belle. J’aime son histoire ressentie dans l’architecture, c’est plus profond que celle de Tokyo ».
À la question : Paris est-elle toujours une ville de rêves et de culture ? La réponse est unanime : oui. Paris n’a pas besoin d’une charte esthétique, Paris brille et les touristes sont heureux.

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