Sarah Knafo

Paris : comment Sarah Knafo s’est démarquée grâce aux réseaux sociaux

À Paris, la bataille municipale ne se joue plus seulement sur les marchés ou dans les meetings. Elle se déroule désormais en continu, sur les réseaux sociaux, où les candidats mettent en scène leur quotidien, leurs idées et leur personnalité. Vidéos immersives, formats courts : la campagne s’incarne à travers les écrans.

Dans ce paysage médiatique saturé, certains parviennent davantage que d’autres à capter l’attention. C’est notamment le cas de Sarah Knafo dont la stratégie numérique a marqué la campagne.


Une campagne pensée pour les réseaux

Dès l’entrée en campagne, tout est conçu pour produire du contenu. « On a tout filmé tous les jours, toutes les séquences, tout ce qu’elle faisait », explique son community manager.

Une organisation rendue possible par des outils simples et mobiles, qui permettent de produire rapidement du contenu, au plus près du terrain. « La stratégie donc, ça a été d’être très présent, de filmer globalement un peu tout avec aujourd’hui, il suffit d’un iPhone, d’un micro et on peut rapidement toucher du monde », précise-t-il.

Une présence constante qui devient un levier central pour exister dans la campagne.

Une identité visuelle marquée

Au-delà de la fréquence, la candidate mise sur une identité visuelle forte. « On a aussi fait le choix d’avoir une direction visuelle et artistique qui tape à l’œil pour une candidate de droite », explique son community manager.

Cette stratégie repose sur des codes très identifiables, avec une omniprésence du jaune et du rose dans les visuels, les sous-titres et les affiches de campagne.

Un choix assumé, qui tranche avec les codes plus traditionnels d’autres figures de droite comme Rachida Dati ou Thierry Mariani. « Quand on compare avec Dati ou Mariani, c’est très austère, très bleu, noir. Enfin la droite classique », observe-t-il.

Des contenus adaptés aux plateformes

La stratégie repose aussi sur une diffusion large, adaptée aux usages de chaque réseau. « Tout ce qu’on postait globalement, on postait partout », explique le community manager.

Mais tous les formats ne se valent pas : « les tweets ne fonctionnent pas hors Twitter. C’est-à-dire que sur Insta quand on met un tweet, ça fait pas des très bonnes stats alors qu’une vidéo sur Twitter ça va faire de très bonnes stats. »

Une logique d’adaptation que l’on retrouve chez l’ensemble des candidats, chacun ajustant ses contenus aux codes des différentes plateformes.

Une incarnation permanente sur le terrain

Les réseaux sociaux permettent aussi de renforcer l’incarnation de la candidate, en la montrant en situation dans toute la capitale. Quais de Seine, Champ de Mars, quartiers populaires : la ville devient un décor de campagne.

« Elle s’est filmée en fait partout où elle allait globalement, donc il n’y a pas eu de lieu spécifique », explique son community manager.

Une manière de créer une proximité avec les électeurs, en donnant à voir une candidate en mouvement, au plus près du terrain.

Un équilibre entre communication et idées

Mais la stratégie ne repose pas uniquement sur la forme. « Je pense que c’est un mélange de plein de choses. C’est-à-dire que si elle disait des banalités avec la DA qu’elle a, ça ne fonctionnerait pas », souligne-t-il.

Le fond reste déterminant : « C’est parce que la manière dont elle communique est novatrice, mais aussi parce que les idées qu’elle propose et ce qu’elle dit n’a jamais été dit quoi. »

Si tous les candidats se sont emparés des réseaux sociaux pour incarner leur campagne, la manière de les utiliser peut faire la différence.

À Paris, la politique se joue désormais autant dans la rue que sur le smartphone des électeurs.

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