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« Paris a été saccagée par des idéologues destructeurs » : la critique de la gauche au cœur du meeting de Rachida Dati

REPORTAGE – Les partisans Les Républicains ont rempli la salle de l’Elysée-Montmartre hier soir pour soutenir Rachida Dati. L’ambiance était au rendez-vous, et la confiance dans une possible victoire, aussi. Un meeting offensif et un objectif clair : écraser le programme de la gauche pour mieux s’imposer et convaincre jusqu’au bout les Parisiens.

Manteau déposé aux vestiaires, passage à la buvette pour certains, les militants se pressent dans ce théâtre du 18è arrondissement, d’une capacité d’environ 1000 personnes. Ils sont tous là pour une chose : soutenir la candidate qu’ils espèrent voir gagner. C’est du moins ce qu’affirme avec assurance un certain Grégory, pour qui le parti est « en position de renverser la table dimanche ». « Il va y avoir deux choix : soit c’est l’alternance avec Rachida Dati, soit c’est le retour des morts-vivants avec Emmanuel Grégoire et un casting digne d’Anne Hidalgo » ajoute-t-il, moqueur. 

©Jacques de Labarthe – Rachida Dati sur la scène de l’Elysée-Montmartre, entourée de ses soutiens, jeudi soir.

Un objectif : dénoncer la gauche

Chemise blanche, pantalon de tailleur et veste bien coupée, Rachida Dati semble bien petite sur cette large scène. Ses premiers mots vont à son équipe, à ses soutiens, puis elle attaque, sans surprise ni détour, sur le sujet de la sécurité. Hommage à Philippine (violée et tuée dans le bois de Boulogne en septembre 2024) et à Élias (assassiné dans le 14ème arrondissement en janvier 2025), la foule a du mal à suivre ce soudain moment de solennité. 

C’est l’occasion de dresser le bilan négatif de 25 ans de politique menée par la gauche, sous les huées de la foule qui scande « ça va changer ! ». Rachida Dati dénonce ainsi le déclin de Paris, dans les rues, les immeubles, les quartiers, et y compris les écoles où « nos enfants ne sont plus à l’abri ni protégés. » Au-delà de ce qu’elle considère être un « déni sécuritaire » de la part de la gauche, la candidate pointe du doigt la saleté et la laideur de la capitale : « C’est par idéologie qu’ils ont abîmé Paris, mais aussi par incompétence. » Puis vient le coup de grâce, dans sa volonté de détruire ceux qui ont dirigé la ville durant ces derniers mandats :  les 12 milliards d’euros de dettes qui constituent leur bilan. Pour remédier à cette « politique hasardeuse », Rachida Dati compte bien « changer Paris ». Avec elle, c’est l’assurance d’une « ville propre 24h/24 et 7j/7, d’une ville sûre de jour comme de nuit, et une ville qui renoue avec la beauté. » 

Elle accuse aussi la gauche de « racisme social » reprenant les mots prononcés face à Laurence Ferrari le matin même, sur CNEWS et Europe 1 : « Cette gauche ne supporte pas qu’un parcours comme le mien existe. » Mais les attaques envers l’opposition portent peu sur des mesures programmatiques. L’ancienne ministre de la Culture énumère en effet les profils « problématiques » présents sur la liste d’Emmanuel Grégoire et souligne les scandales financiers d’Anne Hidalgo. Une accusation qui lui permet de se présenter comme une meilleure gestionnaire, dans la mesure où « chaque euro dépensé sera un euro utile pour les Parisiens. » « Ça c’est bien, c’est merveilleux » réagit une de ses partisanes. Rachida Dati met bien le doigt sur un sujet qui fâche…

Des militants qui s’assument

Accrochée à son pupitre, se retournant souvent vers le fond de la scène pour s’adresser à ses colistiers, Rachida Dati déclame son discours sans lâcher sa feuille. Ce sont ses partisans qui parviennent au bout d’un moment à faire changer le ton. La maire du 7è, riant aux appels de la foule, interpelle un à un les 20 arrondissements de Paris, invitant ses militants à se manifester. Ils sont tous représentés dans la salle. Une confirmation de l’ampleur d’un soutien pour celle qui arrive deuxième dans les sondages.

La jeunesse est aussi bien présente dans la salle et ne manque pas de se faire entendre. Juchée sur les épaules d’un ami, Alice Clergeau, responsable des jeunes de Paris pour Les Républicains anime le parterre, entourée d’un groupe de vingtenaires, tous vêtus d’un tee-shirt floqué « Paris c’est Dati ». Pour celle qui est aussi la vice-présidente des jeunes LR, « c’est important d’être là parce que ça marque le coup : on est à trois jours [des élections], il faut vraiment montrer qu’il y a une belle mobilisation et que tout le monde est à fond derrière Rachida Dati. » La jeune femme, qui est venue débattre sur le plateau de l’ESJ face à Arthur Paris en début de semaine, soutient que la candidate à la mairie de Paris « a un projet qui séduit tout le monde » et qu’elle serait « la seule personne capable d’emporter l’alternance et gagner face à la gauche. »

Par ailleurs, l’ancienne ministre de la Culture n’a pas que le soutien de ses militants : de nombreuses personnalités de la droite et du centre ont tenu à s’afficher à ses côtés. On a pu voir sur la scène le président du Sénat Gérard Larcher, Michel Barnier, Xavier Bertrand ou la ministre de l’Agriculture Annie Genevard. Dans une vidéo diffusée sur grand écran, Valérie Pécresse, François Bayrou, Gérald Darmanin et même la macroniste Aurore Bergé, invitent tous les électeurs à voter pour Rachida Dati. 

©Jacques de Labarthe – Les militants Les Républicains en liesse après avoir entonné la Marseillaise, à la fin du meeting de Rachida Dati.

Mais au second tour ?

Question alliance, rien n’est précis, son discours flou ne change pas du reste de la campagne. Rachida Dati résume tout en une question :  « qui est en capacité de faire barrage à la gauche radicale à Paris ? » Sans doute qu’une alliance y parviendrait mieux qu’un parti seul, répondraient les mauvaises langues. Mais si ni la liste de Sarah Knafo, ni celle de Thierry Mariani n’est mentionnée, pour autant la question d’une possible alliance au second tour n’est pas tout à fait écartée. La candidate LR affirme qu’il « faut être capable de rassembler de la droite la plus affirmée jusqu’au centre. »

Une invitation à Monsieur Bournazel ? Il l’a refusé. Sarah Knafo, elle, veut l’alliance. Mais le terme « droite la plus affirmée » est (sans doute volontairement) trop flou pour la désigner clairement. La candidate attend peut-être les résultats du premier tour pour préciser sa stratégie…

Par Jacques de LABARTHE et Blandine DESJARS

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