Municipales 2026 : Dati tourne le dos à Knafo, place à l’alternance avec Bournazel
Ce mardi 17 mars, le temps des réactions aux résultats du premier tour des municipales est passé. Il est maintenant l’heure pour les deux vainqueurs de cette première bataille de se tourner vers les autres candidats aux scores plus faibles. Rachida Dati qui a refusé la main tendue de Sarah Knafo envisage de s’allier au candidat macroniste, Pierre-Yves Bournazel. Mais cette alliance a-t-elle réellement une chance au second tour face à Emmanuel Grégoire ?

Au surlendemain du premier tour se profile l’union, Dati-Bournazel. Ce dernier a rassemblé 11,4 % des voix et pose déjà ses conditions, si alliance doit se faire : “Je suis un homme de dialogue. Et je souhaite l’alternance à Paris. Mais je suis aussi un homme de valeurs”, insiste-t-il. Le porte-étendard du camp Horizons-Renaissance entend faire “rejeter avec la plus grande clarté toute alliance ou toute porosité avec l’extrême droite ».
Des discussions en cours
Dans ce contexte, les discussions se sont accélérées entre les deux camps pour tenter de bâtir une alternative crédible face au bloc socialiste arrivé largement en tête. Autour de Rachida Dati, on insiste sur la nécessité de rassembler rapidement. “Nous avons une responsabilité collective : celle de proposer aux Parisiens une alternance claire et solide”, soutient un proche de la candidate, tout en assurant que “la porte est ouverte à celles et ceux qui veulent tourner la page de la gestion Hidalgo”. La maire du 7ᵉ arrondissement, elle, se montre prudente mais déterminée : “Nous allons travailler avec Pierre-Yves Bournazel à un projet d’alternance. C’est la vie des Parisiennes et des Parisiens pendant les 6 prochaines années qui est en jeu. Nous devons réussir l’alternance !”, affirme-t-elle sur ses réseaux sociaux, rappelant depuis hier soir que les Parisiens attendent un projet crédible et non des calculs politiciens.
Une alliance qui dérange
En face, Emmanuel Grégoire, totalise tout de même 38,97 % des suffrages. Pour son camp, cette union est une mascarade de la part des deux candidats, afin d’arriver au résultat d’une liste conjointe, alors que Bournazel se félicitait justement d’adopter un chemin différent de ses adversaires. « J’ai réalisé mon devoir, et en politique, vous savez, je suis élu de Paris depuis 18 ans, il faut savoir à un moment tourner une page. La vie est longue et puis une autre vie va commencer pour moi« , se résout-il à l’antenne de France 2 lundi soir. Et de confirmer qu’il ne sera pas présent sur la liste fusionnée.
Si l’héritier de la maire sortante refuse de faire alliance avec LFI ou d’autres partis de gauche, il est nécessaire pour le camp Dati-Bournazel de faire preuve d’une cohérence de projets, dans l’optique d’attirer un maximum d’électeurs. Les programmes doivent respecter une même ligne directrice, même s’il est question d’alternance.
Reste à voir si les Parisiens désireux de changement pour leur capitale seront convaincus par ce que proposent ces désormais alliés. Si Rachida Dati souhaite répondre aux attentes concernant la sécurité et la salubrité, il n’est pas certain que le choix de Pierre-Yves Bournazel soit un réel gage de rupture avec des années de politiques déceptives. Si les Parisiens expriment leur lassitude envers Anne Hidalgo depuis plusieurs années, c’est surtout Emmanuel Macron qu’ils s’impatientent de voir quitter ses fonctions. Une alliance avec Pierre-Yves Bournazel pourrait, en outre, être à double tranchant…
Dati–Bournazel : les bases d’un accord pour l’alternance à Paris
La candidate LR, Rachida Dati, et le candidat Horizons soutenu par Renaissance, Pierre-Yves Bournazel ont acté la fusion de leurs listes pour le second tour. L’objectif est clair : peser face au socialiste Emmanuel Grégoire, arrivé nettement en tête.
Au cœur de l’accord : la construction d’un « projet d’alternance » à l’Hôtel de Ville. Distancée de plus de dix points au premier tour, la maire sortante du 7ᵉ arrondissement, Rachida Dati, a rapidement tendu la main au centriste, arrivé quatrième avec un peu plus de 11 % des voix, afin de rassembler les électeurs de droite et du centre.
Mais la fusion n’a pas été automatique. Pierre-Yves Bournazel avait posé plusieurs conditions préalables : d’abord, un refus explicite de toute entente avec l’extrême droite, notamment la candidate de Reconquête, Sara Knafo, afin de préserver une ligne politique claire. Il demandait également une convergence programmatique sur plusieurs priorités, dont la sécurité dans les services périscolaires et la transformation écologique de la capitale. Enfin, le député de Paris plaidait pour un renouvellement de la gouvernance municipale, insistant sur la nécessité d’une méthode plus collégiale pour diriger la ville.
Ces exigences ont servi de base aux négociations menées dans l’entre-deux-tours. En acceptant ces principes, Rachida Dati espère élargir son socle électoral et apparaître comme la candidate capable de fédérer un bloc allant de la droite classique au centre macroniste. Pour Pierre-Yves Bournazel, l’enjeu est aussi de peser politiquement dans la future majorité municipale, tout en évitant l’effacement de sa ligne politique.
L’accord Dati-Bournazel redessine toutefois les rapports de force et transforme le second tour en duel plus incertain que prévu.
