Municipales 2026 : André Santini, 85 ans, en route pour un huitième mandat
André Santini, figure emblématique d’Issy-les-Moulineaux, arrive en tête lors du premier tour avec 43,4%. À 85 ans, il se lance à la conquête d’un huitième mandat après une longue hospitalisation. Une histoire atypique de politique locale.
Par Marie Bellet

Un maire absent, mais entouré
Hospitalisé depuis le mois d’octobre 2025, le candidat Ensemble pour Issy, « a repris de ses fonctions », selon son directeur de campagne, Philippe Knusmann. Une longue absence due à une chute, qui ne l’empêche pas de se présenter pour un huitième mandat début février. Sorti victorieux de ce premier tour, l’homme de 85 ans « se félicite d’avoir eu une équipe très compétente et engagée » rapporte Philippe Knusmann. « Il est au courant de tout ce qu’il se passe. C’est lui qui prend certaines décisions », poursuit le Maire adjoint délégué à l’Urbanisme. C’est une élection municipale « atypique », mais qui débouche sur un très bon score au premier tour. Un score qui semble révéler une satisfaction de la population isséenne, toujours en progression.
Une fidélité construite sur le long terme
Derrière ce résultat, ses soutiens évoquent avant tout une « longévité » et une « durabilité ». Pour Philippe Knusmann, le temps long est une clé essentielle : « Une idée, le temps de la créer, de l’organiser et de la mettre en place, ça prend des années. »
Depuis 46 ans, les transformations de la ville nourrissent cette fidélité. Le réaménagement urbain, la végétalisation ou encore les équipements publics participent à une satisfaction globale. Aujourd’hui, chaque habitant dispose de 8 m² d’espace vert, un argument souvent avancé par l’équipe municipale pour contrer les critiques sur la bétonnisation.

Dans les rues, ce bilan trouve un écho concret. Au comptoir du Irish café de la ville, le gérant souligne l’évolution. Autrefois industrielle, la commune s’est transformée en pôle attractif. « Santini a fait venir tout le monde ici », explique-t-il, évoquant aussi des projets structurants comme la création d’un stade de football. À ses yeux, Issy-les-Moulineaux se distingue par son dynamisme, là où des communes voisines seraient plus réticentes au développement commercial. « J’habite à Boulogne, là bas [ils] détestent les commerces ».
Des habitants convaincus, mais absents aux urnes
Cette perception positive se retrouve chez certains habitants. « Il fait du bon boulot, il y a très peu de gens qui ne sont pas satisfaits », confie Krishna, un jeune Isséen de 26 ans. Une satisfaction qui semble dépasser les générations, même si elle s’accompagne parfois d’un certain fatalisme : « Ça sert à rien d’aller voter, on sait qu’il sera réélu. »
Ce paradoxe illustre la situation singulière du maire : apprécié pour son action, mais victime d’un effet de lassitude démocratique. Lors du premier tour, 44 % des électeurs ne se sont pas déplacés.
Pour ses soutiens, cette abstention est « inacceptable », tranche son directeur de campagne, rappelant que « dans certains pays, on meurt pour pouvoir voter ». Un discours offensif pour mobiliser en vue du second tour.
Une mobilisation totale pour le second tour
Pour l’équipe d’André Santini, le résultat du premier tour est perçu comme un signal encourageant malgré un contexte de campagne inédit. « Il a tiré une conséquence positive du résultat », assure son directeur de campagne, évoquant un score « encourageant ». Malgré ses 85 ans, le maire sortant aborde ainsi le second tour avec sérénité.
Militants et soutiens de longue date occupent le terrain, bien décidés à compenser son absence physique. Christiane, engagée à ses côtés depuis quatre mandats, incarne cette fidélité sans faille. Désormais retraitée, elle continue de défendre son bilan et appelle à faire barrage à une opposition qu’elle juge divisée. « Une des opposantes était avec [André Santini] pendant des années et maintenant elle se présente contre nous, c’est une revencharde », affirme la militante.
Pour elle comme pour beaucoup d’autres, l’enjeu est clair : préserver la continuité d’un projet municipal qu’ils estiment réussi. Tractage, discussions avec les habitants, mobilisation des abstentionnistes… toute l’équipe « très investie » s’active pour convaincre et assurer une nouvelle victoire au maire sortant.
