À vendre ? Le Parc des Princes, un débat central entre les candidats
À quelques semaines des élections municipales prévues les 15 et 22 mars 2026, l’avenir du Parc des Princes, stade emblématique de Paris appartenant à la ville, s’est imposé comme un enjeu politique majeur.
Le club du Paris Saint-Germain souhaite depuis des années acheter l’enceinte pour pouvoir la moderniser ou l’agrandir. Mais jusqu’ici, la mairie a toujours refusé de vendre ce patrimoine municipal, créant un bras de fer avec le club qui aurait même envisagé d’autres sites si aucune issue n’était trouvée.
Dans cette campagne, les candidats principaux ont des positions différentes sur la question : certaines propositions vont de l’ouverture à la vente du stade, d’autres défendent le maintien d’un contrôle public.
ANNE HIDALGO : LE REFUS DE VENDRE COMME LIGNE ROUGE
Durant ses mandats, Anne Hidalgo a toujours été catégorique : le Parc des Princes n’est pas à vendre. Pour l’édile socialiste, le stade fait partie du patrimoine des Parisiens et ne doit pas être cédé à un acteur privé, même s’il s’agit du club résident.
Cette position a tendu les relations avec la direction du PSG, détenue par des investisseurs qataris, qui affirme avoir besoin d’être propriétaire pour investir massivement dans la rénovation du site. Face au refus répété de la mairie, le club a même étudié des alternatives hors de Paris.
Si Anne Hidalgo ne se représente pas en 2026, son choix a transformé le dossier en véritable enjeu électoral. Chaque candidat est désormais obligé de se positionner.
EMMANUEL GREGOIRE : OUVRIR LA PORTE, MAIS SOUS CONDITIONS
Candidat du Parti socialiste et héritier politique de la majorité sortante, Emmanuel Grégoire adopte une position plus nuancée.
S’il défend le maintien du PSG au Parc des Princes, il ne ferme pas totalement la porte à une évolution. Il évoque la possibilité d’examiner plusieurs scénarios, y compris une vente encadrée, à condition qu’elle garantisse les intérêts de la Ville et des habitants. L’idée serait de faire du secteur autour du stade un « quartier de vie ouvert, vert et populaire » avec des équipements sportifs, des espaces publics et une végétalisation renforcée. Sur la vente elle-même, il ne ferme pas totalement la porte, laissant entendre qu’elle pourrait être étudiée dans le cadre d’un projet global garantissant que le PSG reste à Paris.
RACHIDA DATI : NÉGOCIER POUR GARDER LE PSG À PARIS
À droite, Rachida Dati assume une position plus offensive. La candidate souhaite rouvrir les discussions avec le PSG et se dit prête à négocier la vente du stade si elle est élue.
Son argument est clair : mieux vaut vendre et garder le club dans Paris que risquer un départ vers la banlieue. Elle défend également la création d’un projet global autour du stade, mêlant équipements sportifs, activités culturelles et dynamisation économique du quartier.
Elle veut développer autour du stade un véritable projet de « village sportif et culturel », bénéfique aux associations et aux habitants.
PIERRE-YVES BOURNAZEL : PRAGMATISME ET DIALOGUE
Le Centriste Pierre-Yves Bournazel adopte une position plutôt pragmatique. Il promet que « le PSG restera au Parc des Princes » Il insiste d’abord sur la nécessité de renouer un dialogue apaisé avec le PSG.
Bournazel ne promet ni vente automatique ni refus catégorique. Il propose d’étudier toutes les options modernisation via un bail renforcé, partenariat public-privé ou cession en fonction de l’intérêt financier pour la Ville et des garanties obtenues.
SARAH KNAFO : UNE VENTE POSSIBLE, MAIS DÉCIDÉE PAR LES PARISIENS
Pour Sarah Knafo (Reconquête), le dossier du Parc des Princes illustre surtout, selon elle, les hésitations de la majorité sortante. Elle estime que le manque de décision claire a fragilisé la position de la Ville et a failli pousser le Paris Saint-Germain à envisager un départ hors de Paris.
Sa ligne est simple : le PSG doit rester dans la capitale. Elle considère que la vente du stade peut être « dans la logique des choses », comme c’est le cas pour de nombreux grands clubs européens, propriétaires de leur enceinte. Mais elle pose une condition importante : une telle décision ne devrait pas être prise uniquement par les élus. Elle propose qu’un référendum local soit organisé afin que les Parisiens tranchent eux-mêmes.
Elle critique également le fait que la Ville puisse financer des travaux pour un club privé sans clarification préalable sur la propriété du stade, estimant que la situation actuelle manque de cohérence.
