La politique de l’eau : un sujet qui n’inonde pas la campagne municipale

Sujet peu abordé et pourtant essentiel pour la salubrité publique, la problématique de l’eau peine à trouver une place dans cette campagne électorale. Pourtant chaque Parisien consomme quotidiennement 120 litres du précieux liquide.  

Parmi les 5 principaux candidats briguant l’hôtel de ville, les mesures diffèrent, et le degré d’intérêt diverge.  

  • Emmanuel Grégoire : 

Après 25 ans de gouvernance socialiste à Paris, Emmanuel Grégoire est tenu pour comptable cet héritage politique, particulièrement du bilan de la maire sortante Anne Hidalgo. Cette dernière restera sans doute dans l’Histoire de la ville pour avoir rendu possible la baignade dans la Seine. Prouesse technologique pour certains ou gaspillage d’argent public pour d’autres, ce projet aura profondément bouleversé les infrastructures de récupération, de diffusion et de recyclage de l’eau.  

Mais quelles sont les propositions du Dauphin de la socialiste ?  

Si l’on parcourt les 32 pages du programme du candidat de l’union de la gauche, on trouve une seule mention de la question : « lutter à la source contre les pollutions de l’eau et de l’air (PFAS, pesticides, particules fines et perturbateurs endocriniens) ». Il mentionne notamment l’utilisation de l’agence « Eau de Paris » qui aurait pour mission d’octroyer une aide aux agriculteurs en amont du fleuve pour toute réduction d’utilisation de pesticides ou de conversion à l’agriculture biologique. Enfin, sera engagée une détection des polluants de types PFAS ou perturbateurs endocriniens, notamment dans des lieux sensibles (écoles, crèches…). 

  • Rachida Dati :  

La principale opposante à la gauche au sein de la mairie de Paris propose un plan de rénovation des réseaux de la capitale. Les réseaux gestionnaires d’eau de la ville ont estimé qu’entre 8 et 10 millions de mètres cube d’eau potable sont gaspillés chaque année (estimation faite en 2024). Des chiffres non négligeables alors que la régie « Eau de Paris » produit chaque jour près de 500 000 mètres cubes d’eau. 

La candidate républicaine aime pointer la vétusté du réseau, et veut mettre en place une « gestion prédictive » afin de réduire la consommation d’eau.  

  • Pierre-Yves Bournazel :  

Face à la crainte d’une pénurie d’eau, le candidat du centre propose la création de récupérateur d’eau potable. Cette mesure s’inscrit dans un contexte où l’agence Eau de Seine prévoit un assèchement allant de 10% à 30% de la Seine d’ici 2030. Le centriste propose également la plantation d’arbres (non chiffrée), pour remédier à cela. Le système racinaire des arbres favorise l’infiltration de l’eau de pluie, limitant le ruissellement et l’érosion du sol. 

  • Sophia Chikirou : 

La candidate insoumise fait un état des lieux de l’impact du changement climatique sur la capitale. Elle dénonce une minéralisation des sols dû à l’urbanisme et qui rend difficile larécupération des eaux pluviales. Sophia Chikirou propose un plan de végétalisation et un arrêt de la bétonisation dite « inutile ». Elle table sur l’implantation d’espaces verts sur plus de 300 hectares. Ce chiffre n’est pas donné au hasard, il permettrait d’obtenir un ratio de 10m² d’espaces verts par habitant, conforme aux recommandations de l’Organisation mondiale de la santé.  

  • Sarah Knafo :  

Sur les 141 pages du programme de la candidate Reconquête !, il n’est aucunement fait mention de la thématique de l’eau. 

Régulation de la consommation, entretien du réseau, préservation de l’environnement, les solutions pour remédier à la problématique de l’eau sont diverses et parfois ambitieuses. Le sujet reste cependant discret, dans cette campagne pour la mairie. 

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