La fin des stations-service à Paris ? Le silence des candidats

Le constat est net : Paris perd ses stations-service : 61 en 2018 contre seulement 44 aujourd’hui d’après prix-carburants.gouv.fr. Une chute de 28% en huit ans
Pierre Chassray, Président de l’association 40 Millions d’Automobilistes, blâme la Mairie de Paris : « Les politiques menées accordent moins de contrats pour ouvrir de nouvelles stations et limitent la circulation de voitures diesel, dans le sillage des politiques vertes récentes comme les ZFE et les plans vélo. Résultat : moins de revenus pour les stations. Avec les prix du carburant qui flambent, la voiture devient moins attractive et les Parisiens achètent moins de véhicules. »
Cette baisse du nombre de stations dans la capitale suit une tendance nationale : de 47 500 stations en 1975 à 10 900 fin 2025. Les ZFE (zones anti-pollution à Paris et Grand Paris) bannissent les vieux diesels polluants. L’Europe vise une interdiction de la production thermique neuves dès 2035 : adieu essence et diesel.
Une mesure absente des programmes
Fait notable : aucun candidat n’aborde directement la disparition progressive des stations-service dans son programme. Passons leurs propositions en revue : Emmanuel Grégoire (PS) mise sur des bus sans diesel, un métro ouvert 24h/24 et 1 000 rues apaisées. Pierre-Yves Bournazel (Horizons) et Rachida Dati suggèrent d’augmenter de 30% les « parkings-relais » en périphérie – ces grands parkings gratuits près du métro ou RER pour éviter le centre –, avec des aides pour les voitures électriques. Sarah Knafo, elle, privilégie les zones piétonnes et un métro continu. Rien, donc, sur l’approvisionnement en carburant chez les candidats les plus en vue.
Extinction imminente ?
Avec la montée des politiques vertes, la guerre en Iran qui fait flamber les prix du pétrole, et ce silence électoral total, les stations-service risquent-elles de disparaître comme les cabines téléphoniques ? À quelques heures du vote, Paris pourrait basculer vers une ville quasi sans pompes, où l’électrique et le multimodal règnent. Reste à voir combien de temps les 44 survivante tiendront elles le choc. Mais surtout, les Parisiens pourront-ils suivre cette transition forcée ?
