Handicap : À chaque problème, sa solution ?

Passages piétons, transports, écoles, logements, stationnements… Ces mots, pourtant ordinaires, peuvent très vite être un calvaire à l’égard des personnes en situation de handicap. À ce titre, certains prétendants à la Mairie de Paris en ont fait un point clé, dans leur campagne.

Pourtant essentielles, les personnes en situation d’invalidité sont souvent les oubliées de la société. Toutefois, bien que ce mot fasse de sa définition un synonyme de priorité, les solutions apportées sont la plupart du temps, peu appliquées. Rappelons-le : la loi « pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées », dite loi handicap, promulguée le 11 février 2005, prévoyait entre autres, une accessibilité généralisée et ce, dans tous les domaines de la vie sociale. Toutefois, bien que votée, les problématiques perdurent toujours, y compris dans la capitale. En ce sens, les candidats aux élections municipales à Paris en ont fait l’une de leurs priorités. Pour ce faire, épluchons leur programme.

Des solutions, des promesses et des objectifs… vraiment ?

« Tout sera pensé à chaque nouveau projet sur la voirie pour que ce soit accessible à tous », promet Sarah Knafo. « Je serai le maire protecteur des piétons », affirme Pierre-Yves Bournazel. « J’investirai pour la mise en accessibilité du métro pour les personnes handicapées », assure Rachida Dati, candidate récemment soutenue par le réalisateur et acteur français Dominique Farrugia. « Objectif 0 enfant en situation de handicap sans accompagnement », garantit Sophia Chikirou.

En outre, les propositions sont nombreuses, toutefois, force est de constater que celles-ci restent encore bien floues. Pas de chiffres, aucun moyen mentionné. À cet égard, il reste encore du travail. Contactée, une représentante de l’Association Valentin Haüy nous a partagé un constat amer et notamment dans les transports en commun: « On doit créer des double-portes sur toutes les lignes, ça évitera les accidents. J’ai un ami aveugle qui est mort le 30 décembre dernier » 

Autre preuve à l’appui : le nombre d’ascenseurs dans chaque station de métro. Seule la ligne 14 est dite accessible. Équipée d’escaliers mécaniques et d’ascenseurs, elle est aujourd’hui un exemple qui n’a pas l’air d’être multiplié pour le moment. Consciente des enjeux économiques, la membre de cette association poursuit, tout en restant lucide: « L’accessibilité, ça manque à Paris. Ça demande de l’argent, donc les choses se font au ralenti »

Le handicap face au mal-logement

« Plus de 220 000 ménages comprenant une personne handicapée vivent dans un logement présentant des problèmes d’accessibilité » avait dénombré le 30ème rapport d’étude annuel de la Fondation pour le Logement des Défavorisés (ex- Fondation Abbé Pierre), le 22 janvier 2025. En somme, au-delà des difficultés rencontrées dans les transports en commun, d’autres sont concernés par le mal-logement. Un problème qui semble, au regard de son programme, préoccuper Emmanuel Grégoire qui souhaite, durant sa mandature, adapter des logements pour les personnes en situation de handicap.

Le handicap face aux problèmes de stationnement

Selon les chiffres de l’INSEE et de la Ville de Paris, près de 7% des 2 087 600 de Parisiens sont en situation de handicap, soit environ 146 132 personnes. Pour autant, la capitale compte seulement 4 500 places de stationnement réservées aux PMR (Personnes à Mobilité Réduite). 1000 de plus ont alors été créées portant le chiffre, toujours insuffisant, à hauteur de 5 500. Mais alors, quelles solutions face à cette situation ? À ce sujet, contactée par nos soins, la Mairie de Paris dresse un bilan, certes objectif, mais encore mince : « 800 places de plus ont été créées lors des JO. Après, c’est un nombre qui reste insuffisant. Maintenant, on y travaille au cas par cas » De plus, à noter qu’Emmanuel Grégoire compte leur en réserver 25% dès le début de sa mandature.

Alors, transports en commun inadaptés, places de stationnement insuffisantes, comment les personnes à mobilité réduite peuvent-elles se déplacer ? C’est une question parmi tant d’autres à laquelle le prochain maire de Paris devra sûrement répondre.

À LIRE AUSSI