Entre vandalisme et réglementation stricte : la bataille des affiches électorales
Le défilé des candidats est lancé dans les rues de Paris. Des visages décorés de grands sourires, dans un design minutieusement travaillé. Mais les affichages politiques sont strictement règlementés, pendant le temps de la campagne.
Dents noires, visages grimés, moustaches dessinées, papiers détériorés et même arrachés. Qui n’a pas déjà été témoin de ce vandalisme sur les affiches des candidats à la mairie de Paris ? Et pourtant ce phénomène n’est pas impuni, les affichages politiques sont encadrés strictement par un arsenal législatif.
À qui osera “enlever, déchirer, recouvrir ou altérer, […] de manière à travestir ou à rendre illisibles, les affiches apposées dans les emplacements qui leurs sont réservés”, sera puni d’une amende. Ces mots précis sont empruntés à l’article 17 de la loi sur la liberté de la presse du 29 juillet 1881. Et l’amende pourrait atteindre un montant maximum de 450 euros. De quoi refroidir les velléités des fauteurs de troubles.
Des délits courants mais peu de recours à la justice.
À chaque élection, cet acte de protestation anonyme est courant. Chaque candidat à ses détracteurs, courageusement munis d’un marqueur. Mais les grafittis dépassent parfois la simple contestation. En 2020, Anne Hidalgo avait dû intervenir pour condamner sur son compte X des messages antisémites retrouvés sur les affiches de certains candidats. Pour autant, les plaintes judiciaires se font rares. Pas une seule plainte n’a pour le moment été déposée à Paris. Sur le reste du territoire, quelques affaires font la Une des médias locaux. A l’instar de Jean-Louis Fiori, le candidat de gauche à la mairie de Vence dans les Alpes Maritimes, qui envisage de porter plainte pour une moustache apposée sur son visage affiché dans l’espace public.
Quid de l’affichage sauvage ?
Les personnes qui oseraient afficher de manière illégale, autrement dit en dehors des emplacements réservés, pourraient se voir encourir une sanction pénale très lourde : de 9.000 euros et 15.000 euros d’amende plus une peine d’un an d’emprisonnement pour le candidat tête de liste qui aura bénéficié d’un affichage illégal. L’objectif est simple : assurer une égalité de tous les candidats dans la campagne municipale, sur tous les points. L’article L.51 du code électoral détaille aussi minutieusement les mentions autorisées et celles non-autorisées qui doivent figurer sur les affiches. La liste de ce qui peut être mentionné est courte. Ne sont admis que des éléments purement informatifs relatifs aux candidats. Quant à celles qui ne sont pas autorisées, il s’agit par exemple de l’adresse d’un site internet électoral ou d’un QR code renvoyant sur ce site ou sur des réseaux sociaux.
