Le président Emmanuel Macron
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Emmanuel Macron s’invite dans la bataille de Paris

Le président Emmanuel Macron
Crédit photo : Getty images

À quatorze mois de la présidentielle, Emmanuel Macron s’immisce dans la bataille des municipales parisiennes. Le président souhaite une fusion des listes de Rachida Dati et Pierre-Yves Bournazel face au socialiste Emmanuel Grégoire, largement en tête au premier tour. Derrière le calcul arithmétique, une ambition qui dépasse largement l’Hôtel de Ville.

C’est une information qui dit beaucoup sur les enjeux de ces municipales. Selon le service politique de TF1-LCI, Emmanuel Macron réclame une fusion des listes de Rachida Dati (Les Républicains) et Pierre-Yves Bournazel (Horizons) avant le second tour. Le président de la République, en personne, a appelé dimanche soir son ancien Premier ministre Édouard Philippe, président d’Horizons, pour lui soumettre sa demande, confirment les rédactions de BFMTV et Politico.

Une question d’arithmétique

Emmanuel Grégoire, candidat socialiste de l’union de la gauche, est arrivé en tête du premier tour avec 37,98 % des voix. Rachida Dati (LR) arrive deuxième, affichant le score de 25,46 %, et Pierre-Yves Bournazel, candidat Horizons soutenu par Renaissance, récolte 11,34 %. Pris séparéments, aucun n’est mathématiquement à même de battre Emmanuel Grégoire. Ensemble, le calcul change.

Rachida Dati a saisi l’occasion dès dimanche soir. « La division affaiblit le camp du changement », a-t-elle lancé, appelant explicitement Pierre-Yves Bournazel à rejoindre sa liste. Historiquement réticent à une alliance, le candidat postait ce lundi sur X : « Je suis un homme de dialogue. Et je souhaite l’alternance à Paris, comme une majorité de Parisiens. Dès hier soir, j’ai donc échangé avec Rachida Dati. » En pleine consultations auprès de ses colistiers, le candidat a jusqu’à mardi 18 heures pour rendre sa décision : fusion, maintien ou désistement. 

Un enjeu de taille pour la présidentielle

Ce qui interpelle, c’est la posture de l’Élysée. Emmanuel Macron, souvent présenté comme centriste, prend ici clairement parti pour un rapprochement droite-centre. Pourquoi ? Parce que Paris n’est pas seulement Paris. À quatorze mois de la présidentielle, une victoire du ticket Dati-Bournazel serait un test grandeur nature pour le centre. Ce serait la preuve qu’Horizons et Renaissance peuvent incarner une alternative crédible, face à La France Insoumise à gauche et au Rassemblement National à droite.

Édouard Philippe, déjà candidat à la prochaine présidentielle, a tout à y gagner. Réussir l’union à Paris par le truchement de son protégé, Pierre-Yves Bournazel, c’est prouver sa capacité à fédérer. À l’inverse, si Emmanuel Grégoire succède à Anne Hidalgo, la gauche parisienne retrouve un souffle et Emmanuel Macron termine son mandat sur un échec symbolique dans la capitale.

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