|

« De quoi ont-ils peur ? » : à trois jours du premier tour des municipales, Bournazel attaque tous azimuts

Invité de Radio J ce jeudi matin, le candidat Horizons à la mairie de Paris a tiré à boulets rouges contre ses concurrents pour relancer une dynamique en berne, alors que le dernier sondage paru le 8 mars le place seulement en quatrième position, avec 12,5% d’intentions de vote.

« Je crois qu’une majorité de Parisiens ne veut ni Grégoire ni Dati ». Alors que les électeurs sont appelés aux urnes pour le premier tour du scrutin municipal ce dimanche, le candidat Horizons à la mairie de Paris Pierre-Yves Bournazel, soutenu par la majorité présidentielle, adopte une ligne offensive à quelques heures de la trêve électorale. Au micro de Radio J ce jeudi matin, il a déploré le refus d’un débat entre les six prétendants à l’Hôtel de Ville de la capitale par Rachida Dati (LR) et Emmanuel Grégoire (union des gauches hors-LFI), les accusant de « mépriser la démocratie et les Parisiens ». 

« De quoi ont-ils peur ? », a-t-il martelé à l’encontre des deux candidats donnés favoris. « Ils ont fait annuler les trois débats, ils se sont disqualifiés pour devenir le prochain maire de Paris […]  quand on refuse la contradiction, on a un problème avec la démocratie », a-t-il poursuivi, regrettant leur absence au seul débat commun, organisé sur France 3 la semaine dernière. 

Crédité de 12,5% des intentions de vote selon le dernier sondage Elabe, paru le 8 mars dernier, Pierre-Yves Bournazel est loin, très loin d’Emmanuel Grégoire (32%) et de Rachida Dati (26,5%) et s’est vu dépasser par l’eurodéputée Sarah Knafo (13,5%). Si la dynamique est en berne, le candidat Horizons se veut optimiste. « D’autres sondages disent que je gagne dans tous les cas de figure face à Grégoire au second tour, alors que Dati perd. Au premier tour, il faudra voter pour celui qui a le plus de chances au second, donc plus on me hissera haut ce dimanche, plus j’aurai de la légitimité pour le scrutin final », a-t-il affirmé, appelant au ralliement « des élus de droite républicaine comme de gauche républicaine ». 

Ancien député de Paris, conseiller depuis 18 ans à la mairie de la capitale, Pierre-Yves Bournazel voit dans cette longévité un critère de légitimité supplémentaire dans la bataille. « Mme Dati veut un retour en arrière avant 2001. Les Parisiens veulent un autre changement, a-t-il déclaré. Je dis aux Parisiens : à qui voulez-vous confier chaque année 10 milliards d’euros d’argent public ? A qui faites-vous confiance ? ». Et de rappeler le bilan de la majorité sortante, rangée derrière Emmanuel Grégoire, lesté de « problèmes de sécurité », d’une « dette publique qui a explosé » [de 4,2 milliards d’euros à 9,2 milliards en six ans, NDLR] et « d’un départ de 180 000 Parisiens, l’équivalent du XXe arrondissement ».

Une droite fracturée

Cette nage entre deux eaux n’est pas du goût de la droite. Si elle veut rattraper son retard sur Emmanuel Grégoire, Rachida Dati aura besoin du retrait de Sarah Knafo…et de Pierre-Yves Bournazel. Alors que celui-ci a balayé un éventuel ralliement à l’ex-ministre de la Culture au second tour, cette stratégie ne pourrait-elle pas écorner l’image d’Horizons, et en sus la posture de son patron Edouard Philippe, candidat à la présidentielle en 2027 ? « Ce n’est pas une mini-présidentielle, il faut répondre à la question : quel maire pour quel projet municipal ?, a tempéré l’intéressé. Edouard Philippe comme Gabriel Attal me soutient dans ce combat pour l’alternance ».

Ce dernier a en outre rappelé son engagement à « ne pas composer avec les extrémismes », refusant toute concession à l’Insoumise Sophia Chikirou comme à Sarah Knafo. « Derrière l’ultra-marketing, n’oubliez pas le message de fond de l’extrémisme de l’extrême-droite », a-t-il évoqué, tout en saluant au passage le soutien du philosophe Bernard-Henri Lévy à sa candidature, « un homme extrêmement courageux » dans son combat « contre l’antisémitisme, qui gagne du terrain en France ».

Pierre-Yves Bournazel se veut ainsi incarner « la belle surprise » de ce premier tour. L’occasion de rappeler sa première mesure en faveur du milieu périscolaire, à l’aune d’une série de révélations d’agressions sexuelles et de maltraitances sur mineurs qui éclabousse l’actualité de la campagne municipale à Paris. « L’avenir le dira, mais celles et ceux qui sont en place ont commis de fautes très lourdes », a-t-il lancé, sans toutefois cibler Emmanuel Grégoire.

À LIRE AUSSI