Anne Hidalgo, 12 ans de polémiques
Alors que la maire de Paris tire sa révérence et vante actuellement les résultats de deux mandats, il est l’heure de revenir sur ses plus gros scandales. Dette record, voyage controversé à Tahiti et non-respect de la parité à l’Hôtel de Ville : rétrospective des dossiers qui ont fait parler d’elle.
Plus d’une décennie à la tête de Paris. Deux mandats. Et un héritage qui coûte cher aux Parisiens. La dette de la ville dépasse aujourd’hui 9 milliards d’euros. Et ce n’est pas qu’un chiffre : les impôts locaux ont augmenté. Par exemple, en 2023, la taxe foncière a doublé, passant de 13,5 % à 20,5 %. Pour beaucoup de propriétaires, cela représente un coût majeur. La Chambre régionale des comptes alerte : les dépenses augmentent plus vite que les recettes. Pour continuer à investir, la Ville doit emprunter toujours plus. Plus d’emprunts signifient logiquement plus d’intérêts à rembourser dans les années à venir.
Pour le futur maire, la marge de manœuvre sera mince : stabiliser la dette et faire des choix difficiles sur les budgets. Certains parlent d’un “mur budgétaire”, d’autres d’investissements nécessaires pour moderniser Paris. Une chose est sûre : le passage d’Anne Hidalgo a coûté cher, et ce sont les parisiens qui en paient le prix.
Tahiti Gate : du paradis à l’enfer
Fin 2023, la maire s’envole pour la Polynésie française. Officiellement : préparer l’épreuve de surf des Jeux olympiques sur le site de Teahupo’o. Coût du déplacement : près de 60 000 euros. La polémique éclate rapidement. Une association anticorruption saisit la justice. Le Parquet national financier ouvre une enquête. Puis arrive le détail qui met le feu aux poudres.

Lors du Conseil de Paris de février 2025, la mairie reconnaît avoir dépensé 10 000 euros pour 5 Go de données mobiles pendant ce voyage. Oui, 10 000 euros pour une consommation internet équivalente à quelques heures sur Netflix. L’opposition parle de gaspillage d’argent public. La mairie évoque une erreur technique et assure avoir pris des mesures pour éviter que cela ne se reproduise. Mais dans l’opinion, l’affaire marque durablement. À l’heure où la Ville appelle à la sobriété budgétaire et écologique, l’image d’un voyage lointain et coûteux passe mal.
90 000 € d’amende… pour avoir nommé trop de femmes
C’est sans doute l’épisode le plus paradoxal du mandat. En 2018, la Ville de Paris nomme 16 cadres dirigeants : 11 femmes, 5 hommes. Problème : la loi impose qu’au moins 40 % des nominations concernent chaque sexe. Avec 69 % de femmes nommées, l’équilibre légal n’est pas respecté. Résultat : 90 000€ d’amende. Une municipalité sanctionnée pour avoir promu “trop” de femmes. Le cas fait grand bruit. Le ministère reconnaît que ces nominations contribuent à féminiser l’encadrement supérieur, mais estime que la règle n’est pas respectée.
Dette pharamineuse, enquête financière et amende symboliquement explosive. Le bilan d’Anne Hidalgo n’est pas seulement urbain ou écologique. Il est aussi budgétaire et institutionnel. À l’approche des municipales de 2026, ces dossiers constituent une partie incontournable du débat. Car au-delà des pistes cyclables et des berges piétonnes, une question reste posée : quel prix les Parisiens ont payé, paie et paieront-ils pour ces douze années de gouvernance ?
