Vélos, surmulots et gros travaux : quel maire saura soulager les petits maux des parisiens ?

Pourquoi faut-il attendre les municipales pour aborder ces sujets vitaux pour les riverains ? Avant de végétaliser ou d’étendre les pistes cyclables, tenir compte du bien-être des parisiens à qui on ne demande jamais rien et qui se retrouvent devant le fait accompli est l’objectif numéro un. 

Illustration
Crédit : Le Parisien

Entre l’état des trottoirs, le casse-tête des vélos et le fléau des surmulots, les Parisiens sont gâtés. Fissures, pavés déchaussés, bouches d’égout mal alignées et obstacles multiples compliquent le quotidien des piétons. Dans de nombreux quartiers de Paris, marcher peut vite devenir un parcours rempli de contraintes. Les trottoirs sont parfois encombrés de terrasses, de trottinettes ou de vélos mal stationnés, obligeant les passants à se faufiler ou à descendre sur la chaussée.

Insalubrité, insécurité et incivilités résument trop souvent l’état de la capitale. Ces défaillances affectent non seulement le confort des habitants mais aussi la sécurité des plus vulnérables : personnes âgées, enfants ou personnes à mobilité réduite. Pour ces dernières, un trottoir fissuré ou mal entretenu peut rapidement devenir un réel danger.

Ces dernières années, la transformation de l’espace public a profondément modifié la circulation. Le développement des pistes cyclables (travaux permanents, sentiments de ville en chantier) et la réduction de la place de la voiture ont été présentés comme une nécessité écologique. Mais sur le terrain, la cohabitation entre cyclistes, automobilistes et piétons reste trop souvent conflictuelle.

Si l’on ne peut pas faire d’une ville urbaine une ville rurale, des solutions en douceur sont possibles, à condition de se mettre dans la peau d’un habitant et de laisser la politique de côté. Il faut redonner du sens à la capitale, en rééquilibrant la circulation entre deux-roues, automobiles et piétons. Tout cela dans un climat sécuritaire permanent, de jour comme de nuit.

Les surmulots d’Anne Hidalgo

La question des surmulots est devenue un symbole du malaise urbain. Les rats font partie de l’écosystème des grandes villes, mais leur présence visible dans les rues, les parcs ou près des poubelles alimente le sentiment d’insalubrité. Depuis plusieurs années, les images de rats circulant en plein jour dans certains espaces publics ont marqué l’opinion.

En 2017, Hidalgo a lancé un plan de lutte contre les petits rongeurs comprenant dératisations, pièges, nettoyage renforcé et installation de poubelles supposées plus hermétiques. Malgré ces efforts, leur présence reste un sujet récurrent de plainte pour les habitants. En 2023, l’idée évoquée par un comité citoyen d’apprendre à « cohabiter » avec les rats a suscité une vive polémique et a été largement moquée.

Dans le même temps, les réparations ponctuelles de la voirie, ces fameux « pansements de goudron », donnent souvent l’impression d’une ville rafistolée. Les trottoirs accumulent les cicatrices de travaux successifs, et les riverains ont parfois le sentiment de marcher dans une capitale balafrée au charme disparu.

Redonner de la cohérence à l’espace public passe aussi par une meilleure planification des travaux urbains et un entretien plus rigoureux des trottoirs et des chaussées. Des aménagements simples, mais durables, permettraient de garantir aux piétons des déplacements sûrs et fluides.

Au fond, ce que souhaitent beaucoup d’habitants n’a rien de révolutionnaire. Ils veulent simplement une ville propre, fonctionnelle et agréable à vivre. Une ville où l’on peut marcher sans obstacle, circuler sans tension permanente et profiter pleinement de l’espace public.

Ce que souhaiteraient les Parisiens ? Réhumaniser la ville.

À LIRE AUSSI