Économies, hausse d’impôts: quelles propositions face aux 10 milliards d’euros de dette ?

À l’heure où les économies sont le mot d’ordre partout en France, Paris ne peut guère y échapper à l’occasion du prochain mandat. Mais quelles sont les propositions des candidats face à une dette de 10 milliards d’euros ?

Ce n’est plus un secret : Paris ne cesse de s’endetter au fur et à mesure des années. Preuve à l’appui : depuis 2001, la dette s’est pour le moins envolée, passant de 1,4 à près de 10 milliards d’euros aujourd’hui. Le passif de la capitale a été multiplié par sept, de quoi donner du fil à retordre aux candidats de ces prochaines élections municipales.

La faute à Anne Hidalgo ? Une chose est sûre : durant la mandature de son prédécesseur Bertrand Delanoë, à en croire les chiffres du Parisien, la dette a augmenté d’environ 2,6 milliards d’euros contre 6,6 milliards d’euros pendant le mandat de la maire sortante, Anne Hidalgo. En somme, au-delà d’être une réalité, à présent, la dette représente un enjeu majeur dans cette bataille pour l’Hôtel de Ville.

Paris, une ville toujours plus endettée.

Crédit: Le Parisien

Les économies au coeur des campagnes, LFI discrète

Désormais conscients de ce qui s’apparente à un réel défi, les candidats ne rechignent pas à l’absorber, bien au contraire : pour certains, l’idée est de la réduire par deux d’ici à six ans. Pour ce faire, citons Sarah Knafo (Reconquête), qui entend répondre positivement à cet objectif à l’occasion de sa mandature, notamment en vendant des bâtiments municipaux tout comme des logements sociaux.

Par ailleurs, celui qui est donné vainqueur lors du premier tour des élections municipales, selon un récent sondage de l’IFOP-Fiducial pour L’Opinion et Sud Radio, Emmanuel Grégoire (Union de la gauche), promet de faire 500 millions d’euros d’économies en réduisant avant tout les dépenses de fonctionnement et de communication de la Mairie de Paris, qui avoisinent les 55 millions d’euros. Le reste serait imputé aux dépenses énergétiques et aux achats publics. Quant à l’ancienne ministre de la Culture, Rachida Dati (LR-UDI-Modem), les économies proviendront de la même source que son principal concurrent, Emmanuel Grégoire. Elle estime que ses mesures rapporteraient entre 600 millions et 1 milliard d’euros à l’issue de son mandat.

De son côté, Pierre-Yves Bournazel (Horizons-Renaissance) garantit 4 milliards d’euros d’économies sur l’ensemble de sa mandature en cédant pas moins de 20 000 logements situés à l’extérieur de Paris. Quant à Thierry Mariani (RN-UDR), pas de chiffres, mais un objectif : commencer à rembourser la dette à partir de 2031.

Alors, si les économies font partie intégrante des programmes de chaque candidat afin de réduire une dette abyssale, à l’inverse, d’autres candidats, à l’instar de Sophia Chikirou, restent pour le moins discrets à ce sujet. « C’est 190 millions d’euros d’économies que nous proposons », a affirmé, sans en expliquer les contours, la tête de liste de La France Insoumise, à l’occasion de sa conférence de presse en date du 17 février dernier. Autrement dit, c’est une volonté qui n’est pour l’heure pas quantifiée.

Des hausses d’impôts à prévoir ?

Devenue en France monnaie courante pour éponger les créances, une hausse d’impôts à Paris est-elle à venir et ce, quel que soit le candidat ? C’est la grande question que tout le monde se pose, mais force est de constater que chaque prétendant à l’Hôtel de Ville en a jugé inutile, à l’exception d’Emmanuel Grégoire et de Sophia Chikirou. En effet, l’un a affirmé vouloir taxer, mais aussi réquisitionner des biens inoccupés depuis plus de cinq ans, et l’autre augmenter la taxe foncière de 2,5 points. En somme, les propositions sont multiples, les stratégies sont diverses afin d’éponger une dette de moins en moins soutenable.

À noter, selon les chiffres de la CRC (Chambre régionale des comptes), que la durée de désendettement de la ville de Paris s’étend à hauteur de 39,6 ans. Autant dire qu’elle n’est pas prête de se résorber en un seul mandat, bien au contraire.

À LIRE AUSSI