Rachida Dati, la droite combative pour un « Paris d’autorité et de culture »
Ancienne ministre de la Culture et maire du 7ᵉ arrondissement, Rachida Dati veut incarner une droite offensive à Paris. Elle promet un « choc d’autorité », une relance économique et culturelle, et une politique du logement tournée vers les classes moyennes.
Femme de tempérament et figure emblématique de la droite parisienne, Rachida Dati entend incarner, à l’approche des municipales de 2026, une alternative ferme face à la gauche municipale et aux ambitions centristes du camp présidentiel. Ancienne ministre de la Culture, poste qu’elle a quitté fin février 2026 pour se consacrer à sa campagne pour l’Hôtel de Ville, elle se présente comme la porte-voix d’un Paris de l’ordre, de l’attractivité et de la culture, résolument tourné vers l’action.
Née à Saint-Rémy, en Saône-et-Loire, dans une famille modeste d’origine marocaine et algérienne, Rachida Dati revendique un parcours d’ascension sociale marqué par le travail et la persévérance. Diplômée en droit et passée par l’École nationale de la magistrature, elle débute comme magistrate au tribunal de Bobigny, un poste où elle se heurte aux inégalités et la fragilité du lien social.
Sa carrière politique s’élance dans le sillage de Nicolas Sarkozy, qu’elle rejoint comme conseillère au ministère de l’Intérieur avant d’être nommée garde des Sceaux en 2007. Première femme d’origine maghrébine à occuper ce poste régalien, elle se fait remarquer par un style direct et une énergie débordante, notamment à travers la réforme de la carte judiciaire, qui suscite de vives critiques mais assoit son image de responsable déterminée.
Restaurer l’ordre et l’attractivité
Rachida Dati dresse un constat sévère de l’état de la capitale, qu’elle dit affaiblie par l’insécurité, la saleté et une gestion qu’elle juge trop idéologique. Elle promet un « choc d’autorité » à l’échelle municipale, passant par le renforcement de la police municipale, une politique de tolérance zéro face aux incivilités et une coopération resserrée avec l’État sur les enjeux de sécurité.
Sur le terrain économique, elle assume un positionnement pro-entreprises et pro-commerçants, promettant un choc de simplification pour les acteurs économiques. À ses yeux, Paris doit redevenir une ville attractive pour les classes moyennes, les familles et les investisseurs, sans se figer en ville-musée ni se muer en citadelle réservée aux plus aisés.
Trois axes pour relancer sécurité, économie et logement
Son projet se structure autour de trois grandes priorités, qu’elle promet de mettre en œuvre dès le début de son mandat en cas de victoire :
- La sécurité : Rachida Dati fait de son « choc d’autorité » le cœur de sa campagne, avec une police municipale fortement renforcée, armée et visible 24h/24, appuyée par la vidéosurveillance et un ciblage assumé des incivilités et des trafics dans l’espace public.
- La simplification et l’activité : elle promet un « choc de simplification » pour les habitants comme pour les entreprises, en allégeant les procédures d’urbanisme, en créant des guichets uniques et en soutenant davantage les commerces de proximité et l’investissement productif.
- Le logement : dans une ville qu’elle juge devenue hostile aux classes moyennes, elle veut réorienter la politique du logement vers l’accession à la propriété, réduire les préemptions jugées coûteuses, mieux cibler le parc social et encadrer plus fermement les locations touristiques, sans bloquer l’investissement privé.
En misant sur cette combinaison d’autorité, de simplification et de soutien aux classes moyennes, Rachida Dati espère incarner l’alternative de droite capable, selon elle, de « remettre Paris sur ses rails » et de peser jusqu’au bout dans une campagne municipale plus ouverte qu’annoncée. Dans les derniers sondages, elle est créditée d’environ 27 % des intentions de vote au premier tour, derrière Emmanuel Grégoire mais nettement devant les autres candidats.
