Stationnement à Paris : La bataille qui peut faire basculer les municipales
À quelques semaines du scrutin municipal des 15 et 22 mars 2026, le stationnement s’impose comme l’un des sujets les plus clivants de la campagne à Paris. Entre promesses de baisse des tarifs et poursuite de la réduction des places en surface, les principaux candidats à l’Hôtel de Ville défendent des visions radicalement opposées.
Le stationnement est devenu un vrai sujet politique à Paris. Ces dernières années, la majorité municipale a supprimé environ 24 000 places en surface. A terme, entre 60 000 et 70 000 places doivent disparaître d’ici 2026. En parallèle, les tarifs ont augmenté, notamment dans les arrondissements centraux où stationner plusieurs heures peut coûter plusieurs dizaines d’euros.
L’objectif affiché par la mairie était de réduire la place de la voiture et de libérer de l’espace pour les piétons et les pistes cyclables. Mais cette politique divise. Pour certains habitants et commerçants, se garer est devenu trop cher et trop compliqué. Pour d’autres, c’est une évolution nécessaire pour adapter la capitale aux enjeux climatiques. À l’approche des municipales, les candidats proposent des solutions très différentes.
RACHIDA DATI VEUT ALLÉGER LA FACTURE
La candidate Les Républicains, Rachida Dati, critique une politique qu’elle juge trop punitive pour les automobilistes. Selon elle, les hausses de tarifs ont surtout servi à remplir les caisses de la ville.
Elle propose de mettre en place un tarif résidentiel unique dans tout Paris, afin d’éviter les différences entre arrondissements. Elle souhaite aussi faciliter la vie des professionnels qui utilisent leur véhicule pour travailler.
Autre mesure avancée: le développement de parkings relais aux portes de la capitale, surveillés et connectés aux transports en commun. L’idée est d’encourager ceux qui viennent de banlieue à laisser leur voiture à l’extérieur de Paris.
SARAH KNAFO MISE SUR LA GRATUITÉ ET LES NOUVELLES PLACES
De son côté, Sarah Knafo propose un changement beaucoup plus radical. Elle veut rendre gratuite la première heure de stationnement pour tous, dans tous les arrondissements.
Elle défend aussi un tarif simplifié, par exemple 10 euros pour deux heures et 30 euros pour six heures, soit bien en dessous des tarifs actuels dans les quartiers centraux.
Son programme prévoit la création de nouvelles places en surface, avec l’idée que cela permettrait de réduire le temps passé à chercher une place. Elle propose ainsi une application numérique pour indiquer en temps réel les emplacements disponibles.
À GAUCHE; CONTINUER À RÉDUIRE LA PLACE DE LA VOITURE
A l’inverse, Sophia Chikirou assume la poursuite d’une réduction forte du stationnement en surface. Elle souhaite réserver en priorité les places restantes aux personnes en situation de handicap et aux usages professionnels indispensables.
Elle défend le développement du stationnement souterrain public, avec des tarifs plus accessibles. L’objectif est de libérer l’espace en voirie pour d’autres usages, comme les espaces verts ou les aménagements pour les mobilités douces.
Même logique du côté d’Emmanuel Grégoire. Le candidat socialiste propose de réserver une part importante des places aux professionnels, aux livraisons et aux situations spécifiques. Il souhaite également proposer des abonnements résidentiels plus attractifs dans les parkings souterrains, pour encourager les habitants à ne plus stationner en surface.
LA QUESTION DES LIVRAISONS ET DES DEUX-ROUES
Le stationnement ne concerne pas seulement les particuliers. Pierre-Yves Bournazel met en avant le manque de places de livraison. Il propose de doubler leur nombre pour atteindre environ 18 000 emplacements dédiés, afin de limiter les arrêts en double file qui perturbent la circulation.
Enfin, la question du stationnement payant pour les scooters et motos reste sensible. Jusqu’en 2022, ils pouvaient se garer gratuitement à Paris. Aujourd’hui, un visiteur peut payer jusqu’à 37,50 euros pour six heures dans le centre de Paris. Sarah Knafo et Rachida Dati défendent un retour à la gratuité, estimant que ces véhicules prennent peu de place et participent à fluidifier la circulation. A l’inverse, Sophia Chikirou et Emmanuel Grégoire souhaitent conserver le paiement, considérant que cette mesure permet de mieux réguler l’espace public et de compenser la réduction progressive des places de stationnement en surface.
