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Reportage: 24h dans les pas de Karim Ziady

« Karim Ziady et Emmanuel Grégoire contre la droite et l’extrême droite ! », « Karim Ziady pour le 17ème ! », « Votez Karim Ziady ! » Sur le marché Berthier, dans le 17ème arrondissement, des militants s’affairent à la distribution de tracts. Ils font campagne pour Karim Ziady, candidat de l’Union de la gauche et des écologistes pour la mairie de l’arrondissement.

Sous un soleil éclatant, les appels des militants se mêlent aux cris des commerçants. A l’entrée, à côté d’une oriflamme à son effigie, bien en vue, Karim Ziady discute avec ses compagnons de routes. : « J’ai fait presque un an de campagne. Je suis déçu du score. » Mais il ne se décourage pas. « J’ai reçu des messages de soutien et sur le terrain les gens me disent de continuer. Ça fait plaisir. »

Il est arrivé deuxième au premier tour avec 19,6 % des voix. Loin derrière Geoffroy Boulard (Union des droites), le maire sortant, qui en a récolté 48 %.

Alors lui aussi tend des tracts aux passants. « Ce qu’on fait là, c’est important, surtout dans la dernière ligne droite, avant dimanche. Il faut se montrer et être présent sur le terrain », explique-t-il. Les réactions sont variées. Certains attrapent le papier à la volée ou l’ignorent, quand d’autres affirment l’avoir déjà reçu. Des personnes prennent le temps de discuter. « Les jeunes ne vont plus voter mais il le faut ! », s’exclame Simone, 75 ans. « Moi, je vais voter pour vous », glisse-t-elle.

Mais déjà il faut bouger. Direction la cité Curnonsky, de l’autre côté du périphérique. Suite du programme : le « boîtage », comme on l’appelle dans le jargon électoral. Les militants vont déposer des tracts dans les boîtes aux lettres des halls d’immeubles.

Lutter contre l’abstention par le contact humain

« Avec le boîtage, les gens vont voir notre tête et retenir un visage. Ça prouve aussi qu’on est venus chez eux. », explique Karim Ziady. Ici ce type d’action est crucial, le taux d’abstention étant élevé, selon le candidat.

Au total, la distribution de tracts aura coûté 40000 à la section locale du Parti socialiste.

Après une pause déjeuner avec des militants, pour penser la stratégie d’action, une deuxième session de tractage l’attend à 14h30. Cette fois-ci, rendez-vous au square des Batignolles, situé le long d’une voie ferrée, où les familles sont nombreuses. Une fois les partisans réunis, Jeanne, responsable de la mobilisation de campagne, fait les équipes.

 « On se positionne à plusieurs sorties. Le but est que les gens nous voient au moins deux fois sur leur trajet. Mais on reste aux abords car on n’a pas le droit de militer à l’intérieur des espaces verts. », précise-t-elle.

Noah, militant depuis plusieurs années a vu sur un groupe WhatsApp qu’il y avait une « mob » comme il dit. « J’étais déjà dehors donc je me suis dit que j’allais venir prêter main-forte pour la mobilisation. »

Quelques instants plus tard, il tend un tract à une dame. « Je vote Boulard », lui lance-t-elle. « Pourquoi ? », ose-t-il demander. Pas de réponse.

Pour Karim, les échanges sont tout de même plus nombreux qu’au marché Berthier. Un couple de grands-parents avec une poussette s’arrête. Le mari lance : « Je trouve que Paris est devenu très sale », Karim Ziady secoue la tête, visiblement en désaccord. « J’ai connu Paris quand Jacques Chirac était maire et c’était déjà sale ». L’homme lui répond : « Si ce n’était pas propre sous Chirac c’est devenu encore plus sale sous Hidalgo ».

15h30, il est à nouveau temps de changer de lieu, le candidat a rendez-vous dans un café pour tourner une vidéo avec la députée écologiste de Paris, Léa Balage El Mariky. A 17h30, il doit se rendre dans une cité populaire à quelques encablures de là pour échanger avec les habitants.

Convaincre par l’échange

C’est au croisement du boulevard Berthier et de la rue de Saussure, où il a grandi, que Karim Ziady pose à nouveau son oriflamme, toujours accompagné de Léa Balage El Mariky. Au milieu des grandes tours, ils s’avancent vers une femme accompagnée de ses deux jeunes filles.

« Vous avez voté ? » demande la députée. « Je ne suis pas inscrite », lui répond l’autre. Elle enchaîne : « Mais vous êtes où vous ? Monsieur Boulard on le voit souvent ici. »

Après une courte conversation, ils parviennent à leurs fins : cette mère de famille dira à ses proches d’aller voter pour Karim Ziady dimanche.

Sous le soleil couchant, les rencontres se poursuivent. Karim Ziady discute avec la fondatrice d’une association d’aides aux jeunes, plusieurs habitants se plaignent de la présence de rats, d’autres acceptent les tracts et se contentent d’un simple « bonjour ».

Rapidement, la nuit tombe et le chemin de Karim Ziady et Léa se séparent. Il est vingt heures, mais la journée n’est pas terminée pour lui. Il reste une dernière action de campagne à mener : le collage d’affiches.

Après un dîner en brasserie rue de la Jonquière, il est temps d’aller récupérer le matériel dans un local du Parti communiste français, membre de l’Union de gauche.

Un rendez-vous a été fixé à 21h30, place Saint-Jean. Quand Karim Ziady arrive sur place, les militants s’activent déjà.

Jeanne et Eve sont assises sur les marches de l’église et roulent les affiches par quinze. « C’est la première fois que je fais ça », lance Eve. « Je viens du 15ème, c’est un peu loin. Mais je tenais à être là pour aider l’équipe. »

Juste devant, Maylis, casque sur les oreilles, mélange vigoureusement de l’eau et de la poudre dans un seau pour fabriquer la colle.

Dernière ligne droite avant la soirée électorale

Karim Ziady explique :« On ne pourra plus faire d’action de campagne après vendredi minuit, exception faite au collage. D’ici à dimanche, les affiches qu’on aura déjà mises seront peut-être déchirées. On aura le droit de les remplacer une dernière fois samedi soir, pour tout soit nickel quand les gens iront voter ».

Après de multiples tours de bâtons, le mélange est prêt et le groupe peut se diviser.

Estelle Naud, directrice de campagne de Karim Ziady, dirige les opérations. Elle accompagnera une équipe en voiture, d’autres monteront avec José qui vient d’arriver en contre-sens, la troisième équipe, celle de Karim, fera un tour à pied.

Jeanne et Anthony, les écologistes, mettent un point d’honneur à ne pas utiliser la voiture. « On la prend pour des trajets essentiels. Là ça se fait à pied tranquillement. Il faut être cohérent », expliquent-ils.

Il est 22h30, l’heure pour l’équipe de se séparer après une longue journée de déambulation et de rencontres.

Karim Ziady se bat pour faire réélire Emmanuel Grégoire à la mairie de Paris et souhaite s’inscrire dans la durée pour éventuellement se représenter.

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