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Sophia Chikirou, seule contre tous

À Paris, le second tour des municipales approche. Emmanuel Grégoire affirme sa désunion d’avec Sophia Chikirou. Cette dernière maintient sa candidature malgré l’absence de soutien du PS. Face à l’absence de liste commune entre les deux candidats, L’ESJ Paris est allé à la rencontre des militants de la candidate.

Sophia Chikirou

Emmanuel Grégoire, candidat du Parti socialiste (PS) à la mairie de Paris, exclut définitivement une possible alliance avec La France insoumise (LFI). Lors de multiples interventions, le candidat scande son nouveau slogan : « En politique, il faut dire ce qu’on fait et faire ce qu’on dit, j’ai toujours dit qu’une alliance avec LFI serait impossible ». Mais comment se positionnent les électeurs de Sophia Chikirou à l’approche du second tour ?

Jeudi 19 mars, le soleil surplombe le marché de la Villette, Marion Beauvalet, candidate insoumise à la mairie de 10ème arrondissement, tracte avec ses équipes près d’étals de fruits: «Je ne comprend pas la décision d’Emmanuel Grégoire ». Les militants de la France insoumise considèrent le maintien de la candidature de Sophia Chikirou nécessaire. « L’attitude du PS conduit une absence totale de conseillers qui représentent un programme, le but d’une élection démocratique est d’avoir une représentation de la population » déplore l’un d’eux.

La déception des socialistes

« Les gens ne veulent plus du PS, ils nous disent que si nous nous retirons, ils n’iront pas voter pour autant » affirme la candidate à la mairie. Les insoumis persévèrent auprès des abstentionnistes en travaillant sur une re-mobilisation populaire avec « un vrai programme » en déplorant l’appel au vote utile d’Emmanuel Grégoire dès le premier tour. « Il n’a pas de programme, il n’a appelé qu’au vote utile » selon Marion Beauvalet. Dans les rues du 10 ème arrondissement, les avis sont unanimes, Sophia Chikirou doit être représentée: « Il n’y aurait eu aucun poste pour LFI dans le cas inverse », exprime Elisa, étudiante de 24 ans.

Face à ce manque d’union, le peuple de gauche a un sentiment de déception. « Je voulais qu’il fasse une alliance, elle a eu lieu dans d’autres villes (…) je suis vraiment inquiet, c’est en décalage avec ce qu’attendent les gens de gauche, c’est juste une guerre d’egos », selon Eric, 45 ans. Certains ont même changé d’avis: « L’un de mes amis a été très déçu de la décision d’Emmanuel Grégoire, il m’a dit qu’il allait voter pour Sophia Chikirou au second tour, il est fatigué du PS », confie un riverain.

Néanmoins, certains électeurs sont partagés, Reda 40 ans, distribue des tracts pour Emmanuel Grégoire à la sortie du métro Colonel Fabien: « Personnellement, je partage plus d’idées avec LFI, mais certaines personnes ont terni l’image, néanmoins une alliance ne m’aurais pas dérangé »

Mis en difficulté par Rachia Dadi et Sophia Chikirou lors du débat organisé par Le Figaro et BFMTV mercredi soir, le candidat à peiné à développer ses propositions dans un débat jugé inaudible par Apolline de Malherbe. Le suspense est à son comble après ce débat qui a peut-être redistribué les cartes pour les trois candidats.

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