Municipales 2026 : Grégoire sous pression après le premier tour et les stratégies de fusion
Après le désistement de Knafo et la fusion Dati-Bournazel, cet entre-deux tours des municipales rebat les cartes. Emmanuel Grégoire (PS), critiqué après le débat de BFM et questionné sur son refus d’alliance avec Chikirou, peut-il encore convaincre ? Reportage au cœur d’une campagne sous pression.
Un premier tour qui change la donne
Dimanche soir, les résultats du premier tour ont confirmé une triangulaire serrée entre la liste de Rachida Dati (LR), celle d’Emmanuel Grégoire (PS) et Sophia Chikirou (LFI). Mais c’est l’annonce du désistement de Sarah Knafo et la fusion des listes de Pierre-Yves Bournazel avec celle de Dati qui a fait l’effet d’une bombe. « On savait que ce serait compliqué, mais là, c’est un vrai coup dur », confie Marc, militant PS du 18e arrondissement, entre deux coups de fil pour mobiliser les troupes.
Sur le terrain, les visages sont tendus. « On nous avait promis une dynamique, mais avec cette fusion, on se retrouve face à un bloc LR renforcé », soupire Amélie, une jeune militante du 15e. Les militants interrogés reconnaissent que la stratégie de Grégoire, qui a toujours refusé de s’allier avec la liste dissidente de Chikirou, est désormais questionnée. « Beaucoup d’entre nous pensaient qu’une alliance avec Chikirou aurait pu nous éviter cette situation », glisse un élu de la majorité PS, qui préfère rester anonyme.
Grégoire, toujours serein ?
Emmanuel Grégoire, lui, affiche une sérénité de façade. Lors de ses déplacements, il martèle que « la gauche parisienne reste la mieux placée pour incarner l’alternative ». Les militants, eux, tempèrent cette pensée. « Grégoire a toujours misé sur la mobilisation de terrain, mais là, il faut aussi séduire les indécis. Et ça, ce n’est pas son point fort. »
Pourtant, après le débat d’hier soir sur BFM, les éditorialistes politiques ont été unanimes : Grégoire a été jugé « le moins convaincant », « en retrait », face à une Rachida Dati offensive et une candidate insoumise percutante.
La question qui fâche : fallut-il refuser Chikirou ?
Le choix d’Emmanuel Grégoire de ne pas fusionner avec la liste de Chikirou, malgré les pressions internes, est désormais au cœur des débats. « Beaucoup de militants pensent que c’était une erreur. Chikirou aurait pu nous apporter des voix dans l’Est parisien », explique un militant. « Mais Grégoire a toujours craint que cette alliance ne brouille son message et ne divise la gauche », ajoute-t-il.
Dans les réunions de fédérations d’arrondissement, le sujet est sensible. « On nous dit de faire bloc, mais on a l’impression que la direction a préféré jouer solo », lâche Sophie, une militante du 20e. « Grégoire a misé sur sa légitimité de premier adjoint. Mais aujourd’hui, certains se demandent s’il n’a pas surestimé son capital sympathie. », rajoute-t-elle.
Sur le terrain, l’espoir persiste
Malgré tout, les militants PS continue de croire en la victoire. « On a encore une semaine pour convaincre. Les Parisiens ne veulent pas d’une mairie LR, c’est notre atout », assure Marc. Les permanences s’activent, les tracts s’empilent, et les porte-à-porte s’enchaînent. « On va gagner, mais il faut y croire jusqu’au bout », lance Amélie, avant de repartir dans la rue. Reste à savoir si cette énergie suffira à contrer la dynamique Dati et à convaincre les indécis. Une chose est sûre : la semaine qui vient sera décisive. Et pour Emmanuel Grégoire, chaque voix comptera.
Les militants, entre doute et détermination, attendent désormais les résultats. Une chose est certaine : ces municipales resteront dans l’histoire politique parisienne comme une campagne à rebondissements, où chaque décision, chaque mot, chaque alliance a pesé dans la balance.
À Paris, la bataille fait rage. Et le dernier mot reviendra aux urnes, dimanche prochain.
