Municipales 2026: Bally Bagayoko s’empare du bastion socialiste à Saint-Denis
Le candidat de La France insoumise Bally Bagayoko a crée la surprise ce dimanche soir en s’imposant dès le premier tour à Saint-Denis avec 50,72% des voix. Un renouveau pour la cité dionysienne, qui attend désormais beaucoup de son nouveau maire.
Dans la rue commerçante du Maréchal-Leclerc, entre une boucherie et des boutiques de prêt-à-porter, les passants s’arrêtent, discutent et commentent déjà la victoire de leur nouveau maire, Bally Bagayoko. La France Insoumise remporte sa première commune de plus de 100 000 habitants mais surtout la deuxième plus grande ville d’Île-de-France.
Saint-Denis, nouveau terrain d’ancrage pour LFI
Saint-Denis est aujourd’hui devenue un terrain favorable à l’implantation de La France insoumise. Alors que le parti réalisait autrefois des scores relativement modestes dans plusieurs quartiers de la ville, il arrive aujourd’hui en tête.
Soutenu par le chef de son parti, Jean-Luc Mélenchon, Bally Bagayoko entend incarner « la nouvelle France ». Il se présente notamment comme un maire attentif à la jeunesse de sa ville. Son programme aborde des thématiques variées, tout en restant fidèle aux valeurs défendues par LFI : renforcer la participation citoyenne de la manière la plus directe possible, promouvoir une écologie populaire, garantir la protection des services publics et des biens communs face aux intérêts privés.
Un candidat ancré dans la vie locale
Loin des profils politiques traditionnels, Bally Bagayoko entre en politique en 2001 aux côtés du maire Patrick Braouezec (PCF). « C’était un jeune très impliqué dans la vie sportive de la ville », se souvient l’ancien maire, selon nos confrères de 20 Minutes. Arrivé en France à l’âge de cinq ans, c’est à Saint-Denis qu’il a construit sa carrière politique.
Si le nouveau maire ne fait pas encore consensus, la déception envers l’ancien maire Mathieu Hanotin, elle, est largement partagée. « Il a retiré plusieurs structures pour les jeunes, il a gaspillé énormément d’argent (…) entre la sécurité, les travaux et la police municipale, il s’est éparpillé », souligne une habitante. Le maire sortant se distingue notamment de Mathieu Hanotin par son programme orienté vers la jeunesse et les mesures sociales. Il a séduit une partie de la population issue de l’immigration, mais aussi la jeunesse et les classes populaires en promettant des infrastructures pour les jeunes et des mesures concrètes, comme la réouverture de structures culturelles, la création d’un statut pour les parents célibataires, ou encore la prise en charge du pass Navigo pour les étudiants. « J’aime son programme, il est tourné vers la jeunesse, c’est ce qu’on attend ici », affirme Lina, 24 ans, habitante de la commune.
LFI promet d’aider les pauvres gens, je suis d’accord, mais qu’on vérifie qui sont les pauvres gens
Le candidat suscite néanmoins de la méfiance auprès de certains habitants, notamment les seniors. « LFI promet d’aider les pauvres gens, je suis d’accord, mais qu’on vérifie qui sont les pauvres gens », confie Elisabeth, 88 ans, qui a préféré le bulletin Hanotin, dimanche. Au-delà de cette crainte sociale, certains craignent « son idéologie ». Après la victoire du candidat, des électeurs ont repris en chœur, sur l’air du célèbre Siamo tutti antifascisti, le slogan : « Nous sommes tous les enfants de Gaza ». Des propos qui ont choqué cette habitante. « Moi, je suis une enfant de la France. J’ai peur. On est très choquée par cette élection », réagit t-elle. Sentiment partagé par certains commerçants de la ville, n’ayant pas été approchés par le candidat. « Nous aurions aimé que le maire vienne se présenter, nous avons seulement vu son ascension sur les réseaux sociaux, rien d’autre, c’est à déplorer », confie David, 34, vendeur optique.
Alors que La France insoumise continue de gagner du terrain, à droite comme à gauche, certains redoutent déjà l’émergence d’un réservoir de voix à l’échelle nationale. À Saint-Denis, le vote en faveur de Bally Bagayoko traduit aussi l’adhésion d’une partie de la jeunesse, longtemps marquée par un sentiment d’abandon. Reste désormais à savoir si cette attente se traduira par des mesures concrètes.
