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Municipales 2026 à Paris : irrégularités et interversion de bulletins dans plusieurs bureaux de vote 

Dimanche a eu lieu le premier tour des élections municipales 2026. À Paris, 58,9% des électeurs se sont rendus aux urnes, d’après des chiffres du ministère de l’Intérieur. Mais des couacs ont été observés dans certains bureaux de vote de la capitale. La France insoumise de Sophia Chikirou a signalé des irrégularités dans un communiqué de presse. Ce qui remet en cause les résultats.

Alors que 827  599 Parisiens ont voté dimanche 15 mars, le parti LFI souligne des irrégularités dans un communiqué de presse. « Dans plusieurs bureaux de vote parisiens, les bulletins de vote des têtes de liste d’arrondissement du Nouveau Paris Populaire ont été intervertis avec les bulletins de notre candidate à la mairie de Paris Sophia Chikirou ». Dans le 12ᵉ, le 18ᵉ et le 20ᵉ arrondissements, ce problème d’organisation a affecté plusieurs électeurs. Ainsi, leur vote a été déclaré nul. En réponse, la formation de Jean-Luc Mélanchon appelle la préfecture de Paris et le ministère de l’Intérieur à comptabiliser ces bulletins « comme des voix en faveur » de LFI.

Communiqué de presse de LFI signalant l’interversion de bulletins de vote de Sophia Chikirou dans plusieurs bureaux de vote à Paris.
Communiqué de presse publié sur X par La France insoumise Paris (@LaFIParis) sur l’inversion des bulletins de vote de Sophia Chikirou

Cette situation n’est pas isolée. Dans le 13ᵉ arrondissement, Ariane Anemoyannis, candidate de Révolution permanente, a dénoncé une « grave irrégularité ». Ses bulletins ne figuraient pas dans le bureau de vote numéro 64 entre 8 h et 9 h du matin. Par conséquent, ce manquement a privé certains électeurs de leur droit de vote.

Un scrutin strictement encadré par le Code électoral

Le Code électoral regroupe, en France, les dispositions législatives et réglementaires relatives aux élections politiques. Les élections municipales sont régies par celui-ci, qui fixe les règles du scrutin, de l’organisation des bureaux de vote et du dépouillement. Ce cadre juridique vise à garantir la sincérité du vote et l’égalité entre les candidats (Code électoral).

Dans toutes les communes de plus de 20 000 habitants — comme à Paris —, il est institué des commissions de contrôle des opérations de vote. Ainsi, elles sont chargées de vérifier la régularité de la composition des lieux de scrutin. Alors comment sont passées inaperçues l’inversion et l’oubli de bulletins dans la capitale ?

Dans le contexte des irrégularités aux municipales signalées par le camp de l’insoumise Sophia Chikirou et par Ariane Anemoyannis, l’Article L67 peut être saisi. De ce fait, les candidats ont le droit de « contrôler toutes les opérations de vote, de dépouillement des bulletins et de décompte des voix, (…), ainsi que d’exiger l’inscription au procès-verbal de toutes observations, protestations ou contestations sur les dites opérations ». 

L’inversion des bulletins de vote, l’ambiguïté persiste 

Si certaines caractéristiques du vote sont claires — sous enveloppe, obligatoirement d’une couleur différente de celle de la précédente consultation générale, nombre d’enveloppes correspondant à celui des électeurs inscrits (Art. L60) — d’autres restent ambiguës. C’est le cas de l’inversion des bulletins de vote. Aucune mention dans le code électoral ne lui est consacrée explicitement.

Les solutions envisageables 

Une question se pose alors. Peut-on comptabiliser des votes nuls — liés à des irrégularités aux municipales — après dépouillement ? C’est la demande effectuée par LFI auprès de la préfecture et du ministère de l’Intérieur. Ils soutiennent que le résultat a été influencé. La candidate d’extrême gauche a obtenu 11,7% des voix lors du premier tour. 

Mais les marges d’action de ces institutions restent limitées car elles ne peuvent pas modifier les résultats d’une élection eux-mêmes. En droit électoral français, c’est le juge électoral qui tranche. Dans le cas où l’irrégularité semble intentionnelle ou frauduleuse — manipulation de bulletins, entrave au vote —, la préfecture peut transmettre un signalement au procureur de la République. Cela concerne le volet pénal, distinct du contentieux électoral. Mais, ni la préfecture, ni le ministère de l’Intérieur ne peuvent modifier les résultats du bureau de vote, ajouter des voix ou annuler un scrutin. 

Sébastien Delogu, candidat insoumis à Marseille, a également signalé sur X des cas similaires d’inversion. Il a affirmé que la préfecture des Bouches-du-Rhône avait l’intention de « comptabiliser ces bulletins comme nuls lors du dépouillement ». Un scénario qui pourrait bien se présenter dans la capitale.

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