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Bournazel, la stratégie du silence

La percée relative de Pierre-Yves Bournazel aux municipales parisiennes n’a pas eu les airs d’une liesse populaire. Bien au contraire, en atteignant le second tour avec 11,34 % des voix, l’homme devient le pivot de l’élection. Une surprise que sa propre équipe semblait ne pas avoir anticipé.

Le QG de Pierre-Yves Bournazel était bien vide ce dimanche soir, après l’annonce des résultats. photo Axel Mongin

À une demi-heure des résultats du premier tour des municipales, au 16 rue du Faubourg-Montmartre, rien, ou presque, n’indique que nous sommes au quartier général de l’un des candidats encore en lice pour la mairie de Paris. Pas d’attroupement sur le trottoir, pas d’affichage, pas ou très peu d’agitation, comme c’est ordinairement le cas les soirs d’élection. Ici, il faut entrer dans un petit appartement niché au 2e étage pour comprendre que c’est là, loin de tout regard, que l’équipe de Pierre-Yves Bournazel attend les résultats.

Un QG sans ferveur

À l’intérieur, le décor surprend par sa modestie. Une allure de bureau sans âme, avec un mobilier sans charme. Une quinzaine de personnes à peine, hors journalistes. Environ cinq militants, une dizaine de membres de l’équipe de campagne. Peu de monde, donc, pour donner à ce lieu les contours d’un quartier général ordinaire, plus proche d’un entre-soi réduit, sage et poli, que d’un camp en train de vivre une soirée décisive.

Puis les chiffres tombent. 11,34 %, soit 92 448 voix. Le score est bon, même meilleur qu’espéré. Inès, bénévole arrivée dans l’équipe en janvier dernier, dit sa satisfaction sans masquer sa surprise : elle ne s’attendait pas à voir Pierre-Yves Bournazel devancer Sarah Knafo. « C’est une bonne nouvelle », affirme-t-elle, avant d’ajouter qu’il faudra désormais regarder ce qui se jouera au second tour. Renan Quiniou, attaché de presse du candidat, s’en félicite lui aussi, saluant le fruit d’une « bonne campagne sur le terrain, axée sur le projet », dont le résultat sonne la récompense du travail mené ces dernières semaines.

Dans la pièce, pourtant, la joie reste contenue. Si elle existe, elle ne se lit pas sur les visages.

Après le score, le silence

C’est là, peut-être, que se loge le plus étrange de cette campagne Horizons-Renaissance. Sur le papier, Pierre-Yves Bournazel remporte une certaine victoire, mais dans les faits, son QG ne ressemble ni à un lieu de célébrations, ni à un lieu de rassemblement. Le score existe, mais la scène peine fortement à lui donner corps.

Ce flottement ne tient pas seulement à l’étroitesse du lieu. Il tient surtout aux absences. Pierre-Yves Bournazel lui-même n’est pas là, et presque aucun représentant majeur de son camp ne prend la parole. L’un de ses proches glisse toutefois discrètement que toute alliance avec l’extrême droite ou l’extrême gauche sera écartée.

Ces silences et absences en disent long de l’état d’esprit du camp centriste. Une image de ce que semble être devenu le centre droit parisien, à savoir une frange politique dont la ferveur militante perd du terrain, bénéficiant essentiellement du rejet des autres partis


Vous pouvez regarder le replay de l’intervention de Pierre-Yves Bournazel à l’ESJ Paris en cliquant ICI.

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