Guerre en Iran : que peuvent vraiment faire les maires face aux crises internationales ?
Lors des élections présidentielles de 2022, la guerre en Ukraine s’était invitée dans les débats. Pour les élections municipales de 2026, c’est la guerre en Iran qui s’est imposée dans l’actualité à quelques semaines du premier tour. Mais à l’échelle d’une commune, quels leviers les maires peuvent-ils réellement actionner face à un conflit qui se déroule à des milliers de kilomètres ?
Ce que permet la loi
Contrairement à une idée répandue, les maires ne sont pas totalement démunis face aux crises internationales. Le Code général des collectivités territoriales (CGCT) leur permet d’agir indirectement, notamment via les subventions aux associations, les actions de solidarité ou certaines coopérations internationales. Plus largement, ce code organise le fonctionnement des communes autour de trois grands piliers :
- Les compétences obligatoires : État civil, urbanisme, écoles primaires, entretien de l’espace public…
- Le fonctionnement politique : les règles d’élection du maire, la tenue des conseils municipaux et le vote des délibérations.
- Le cadre financier : la gestion du budget communal et la levée des impôts.
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Accueil des réfugiés : un rôle concret
La guerre en Ukraine a illustré le rôle que peuvent jouer les villes dans l’accueil des populations déplacées. De nombreuses communes ont mis à disposition des logements temporaires ou facilité l’installation des réfugiés.
À Paris, par exemple, le centre d’accueil de la Porte de la Villette ou la Maison des réfugiés dans le XIXe arrondissement sont installés dans des bâtiments municipaux prêtés à des associations, comme Emmaüs. Ces structures constituent un maillon important du dispositif d’accueil.
La scolarisation constitue également un levier d’action. Le maire ne peut refuser l’inscription d’un enfant dans une école primaire, quel que soit son statut administratif.
L’action humanitaire des villes
Les municipalités peuvent aussi intervenir sur le plan humanitaire. Elles peuvent organiser des collectes de nourriture, de médicaments ou de vêtements, coordonner l’action d’associations locales ou encore voter des subventions destinées à des organisations humanitaires.

La Ville de Paris indique ainsi consacrer plus de 6,5 millions d’euros par an à son action internationale, notamment à travers le soutien à des ONG françaises comme la Croix-Rouge ou le Samusocial International.
Quand les crises internationales ont des effets locaux
Les conflits à l’étranger peuvent également provoquer des tensions sur le territoire communal. Manifestations, crispations entre groupes ou actions de déstabilisation peuvent avoir des répercussions directes sur l’ordre public.
Dans ce contexte, le maire dispose d’un outil essentiel : son pouvoir de police administrative. Il peut autoriser, encadrer ou interdire des rassemblements sur la voie publique lorsque des risques pour l’ordre public sont identifiés.
L’importation du conflit israélo-palestinien en France en a donné plusieurs exemples, avec de nombreuses manifestations et parfois des débordements.
Plusieurs opérations de déstabilisation attribuées à la Russie ont également marqué l’actualité récente : des étoiles de David bleues taguées sur des façades parisiennes en octobre 2023, des mains rouges peintes sur le Mémorial de la Shoah en mai 2024 ou encore des cercueils déposés devant la tour Eiffel en juin 2024 portant l’inscription « Soldats français en Ukraine ».
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Face à ces situations, les maires peuvent mobiliser leur police municipale et renforcer la surveillance de certains sites sensibles, en coordination avec les services de l’État. À Paris, la présence policière a notamment été renforcée autour de lieux symboliques et de lieux de culte juifs et chrétiens.
