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Dernière ligne droite à Paris : l’ultime tractage

Le premier tour touche bientôt à sa fin. Les militants des partis s’animent avant l’interdiction de faire campagne vendredi soir. Les candidats jettent leurs dernières forces dans la bataille. 

Les rues se sont animées plus qu’à l’accoutumée jeudi matin dans la capitale. À compter de 20 heures aujourd’hui, vendredi 13, les campagnes doivent s’arrêter jusqu’au vote. Les militants ont profité de l’occasion pour redoubler d’efforts avant l’échéance. « Demain ce sera pluvieux, donc très peu de militants se mobiliseront. », affirme un militant LFI. Tous les partisans des différents partis sur place confirment ce pronostic. 

Dans le 14e arrondissement, pour ce dernier jour officieux, les partis se partagent le pavé, brochures à la main. Les militants socialistes se rassemblent près du Marché Brune avant de se répartir le boulevard, leur voix noyées par les appels des commerçants. « Presque tous les matins depuis des semaines, on se bouge », confie une encartée. « Ce week-end, on pourra enfin prendre une pause », ajoute-t-elle. 

« Ils déchirent nos tracts » 

Les espaces propices au tractage sont limités : sorties de métro, de supermarchés, de lieux culturels, grands marchés. Lorsqu’un lieu est incontournable, les militants sont contraints de partager le trottoir. « Cela se passe cordialement avec les autres partis. Il y a un respect mutuel. Sauf avec LFI, ils nous prennent parfois à parti et ils déchirent nos tracts », assure l’adjoint d’une liste indépendante du 14e, programme à la main. 

Plus que les militants des autres partis, ce sont plutôt les riverains avec qui le contact peut s’avérer plus houleux : « Souvent, ce sont les électeurs du parti le plus à l’opposé de nous qui ne manquent pas de nous invectiver. C’est le jeu. C’est de la politique, c’est inévitable, même si c’est regrettable », souffle Sidonie, la responsable du tractage du jour, entre les cris des achalandeurs. 

À quoi bon tracter ? 

Sur le terrain, difficile pour ceux qui sont mobilisés de savoir si le tractage est vraiment utile. C’est seulement a posteriori que l’efficacité peut être mesurée : « Nous avons des données ici. Un tract sur mille environ aboutit à un vote. », assure Sidonie. L’enjeu n’est donc pas tant de trouver une masse de nouveaux électeurs, mais de couvrir l’espace, de montrer que le candidat et son parti s’investissent un maximum. 

La maire Carine Petit est d’ailleurs présente aujourd’hui pour tracter. Toute la matinée, elle doit rendre des comptes auprès des mécontents. Une passante critique la propreté de la ville, les incivilités, et l’assimilation des populations étrangères. La maire, embarrassée, lui assure que « la police et les services de propreté font leur travail », que la nationalité d’origine n’est « en rien un indicateur ».  

Il s’agit là d’un enjeu majeur de ces sorties publiques, particulièrement pour un maire sortant : défendre son bilan tout en justifiant que des points d’amélioration demeurent. Un équilibre difficile à tenir.  

Cette fin de semaine traîne comme un goût de conclusion après de nombreuses heures passées à distribuer les papiers du parti. Dimanche, l’annonce des résultats marquera pour certains militants la fin d’un espoir, et pour d’autres, un soulagement, un court répit avant de reprendre le tractage pour le second tour. 

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