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Le 7ème arrondissement, vitrine de Rachida Dati 

REPORTAGE. – Candidate à la mairie de Paris pour la seconde fois, Rachida Dati espère bien triompher cette fois-ci de la gauche. Maire du 7e arrondissement depuis 2008, elle a l’avantage de l’expérience mais aussi un bilan à défendre.  

Situé sur la rive gauche de Paris, le 7e arrondissement est l’un des quartiers les plus emblématiques de la capitale. Autour du Palais Bourbon, il mêle calme résidentiel, prestige institutionnel et monuments incontournables. Entre affiches et tracts, les municipales sont présentes partout. Un passage rue de Grenelle devant la mairie montre les panneaux électoraux où sont collées les visages des différents candidats à la mairie de la capitale mais aussi à l’arrondissement. L’ancienne ministre se présente une quatrième fois en tant qu’édile du 7e. Elle se présente aussi une deuxième fois à la mairie de Paris. Après son échec en 2020, face à Anne Hidalgo, elle entend cette fois-ci triompher et s’en est donné les moyens en s’assurant le soutien du chef de l’état et d’un certain nombre d’élus du parti présidentiel. L’ancienne locataire de la Rue de Valois cherche néanmoins à mettre en avant son image d’élue de terrain et à faire parler d’elle.  

A quelques pas des Invalides, avenue de Tourville, le bar le Lutétia laisse sa porte grande ouverte. Beaucoup viennent commander un café de bon matin. Le nom de l’ancienne ministre de la Culture est sur toutes les lèvres et ses administrés ont tous un avis clair sur son bilan. Pour eux, elle est leur maire avant d’être la « grande » candidate.  

Une maire très présente

Grégoire, concierge d’un immeuble voisin, lui dresse un bilan très positif. Pour lui, c’est sa proximité avec les habitants du 7e qui la distingue des autres élus. « Lorsqu’il y a un rassemblent d’officiels, elle est la seule à venir voir les gens. Elle a un contact vrai avec les gens comme nous. » Pour ce quarantenaire, la prévenance et l’attention de cette femme politique ne sont pas une simple façade. « Elle ou ses adjoints sont même disponibles tous les mardis de 9 h à 17 h pour les habitants »  

Cependant, le contact avec les habitants ne suffit pas pour dresser un bilan positif de ses mandats. Pour certains, la propreté reste un point de débat dans toute la capitale et le 7e arrondissement n’y fait pas exception. Au cœur de la rue Cler, derrière les étals de bouquets fleuris, Claudine accueille les passants dans sa boutique, le sourire aux lèvres. Ce sourire ne l’empêche pas, pour autant de faire comprendre sa déception : « Mon gros reproche, c’est que dans le septième il n’y a pas de tri des déchets. Je trouve ça quand même un peu scandaleux en 2026. » 

Cédric est aussi électeur dans le 7e S’il n’y habite plus aujourd’hui, il y travaille encore au sein d’un cabinet d’assurances. Pour lui la propreté est satisfaisante. « C’est un très beau quartier, on sent qu’il est assez entretenu et que la municipalité y met les moyens ». Pour autant, ce qui mériterait d’être priorisé, selon lui, c’est la sécurité notamment aux abords des lieux touristiques. « Elle a mis d’importants moyens de police, et a le mérite de s’être battue avec Anne Hidalgo pour la sécurité du Champ de Mars. Mais il y a encore du travail ».  

Si les électeurs de l’arrondissement du Palais Bourbon sont globalement satisfaits de leur maire, tous n’en démordent pas, ils ont une vision mitigée de la ville de Paris comme l’explique Cédric « Je ne suis pas un grand défenseur du Paris actuel. Le mandat d’Anne Hidalgo a été une descente aux enfers. Les gens n’aiment plus leur ville. » Pour lui les difficultés sont bien présentes. « Dans tous les arrondissements, le quotidien reste dur : circulation, sécurité, propreté… tout est devenu compliqué » 

Maire du 7e arrondissement la mieux élue depuis 2008, Rachida Dati recueille dans son bastion beaucoup d’opinions favorables. Elle s’est imposée comme la principale opposante à la gauche parisienne d’Anne Hidalgo lors de la précédente mandature. Mais ce temps est révolu, elle ambitionne maintenant de conquérir l’Hôtel de Ville. 

Par Jean Bosco HERBIN et Jean CLOUZET

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