Promesse, promesse, quand tu nous tiens…
CHRONIQUE – Dans la course aux voix, chaque candidat parisien essaye de séduire le plus possible. Cadeaux fiscaux, avantages pour certains ou promesses en l’air, certains osent tout, quitte à être qualifiés de “populiste” ou de “clientéliste”. Des jolies promesses, parfois trop ambitieuses, parfois grotesques. Quelques-unes ont retenues notre attention.
Les thèmes principaux de cette campagne municipale sont sans conteste la sécurité, la propreté et les transports.
Evidemment, tous les candidats promettent un Paris propre, sain et sans déchets. Les mesures pour y parvenir s’inscrivent souvent dans un clivage : soit privatiser toute la collecte de déchets soit rendre celle-ci plus populaire. Mais la candidate La France Insoumise à la mairie de Paris se démarque. Sophia Chikirou veut réduire la présence des rats et autres rongeurs inopportuns dans l’espace public – jusqu’ici rien de nouveau – à travers une “régulation éthique des rongeurs” avec des méthodes non létales. Les charmants compagnons urbains des Parisiens que sont les rats (ou les surmulots) doivent être traités avec respect eu égard à leur dignité. Dommage que ces bestioles attachantes ne puissent pas voter.
La candidate d’extrême-gauche se fait aussi remarquer pour son projet pour le périphérique parisien. Il doit devenir un “espace de vie”, et non une “autoroute urbaine”. Les plus d’un million d’automobilistes qui l’empruntent quotidiennement seront ravis (en plus de déjà rouler à 50km/h) de savoir qu’il faut que le périphérique devienne un espace de vie. Peut-être pourrons nous bientôt voir apparaître des passages piétons ou des îlots de fraicheurs sur le périphérique, en plus des rongeurs qui grimperont sur les ponts et les barrières, après avoir été transportés depuis les parcs parisiens, qui sait ?
Le métro a bon dos
Mais sur les transports, les autres candidats ne sont pas en reste. La ligne 6 du métro est au cœur de tous les programmes. Le souci ? L’accessibilité de cette ligne aérienne plus que centenaire, pour les personnes en situation de handicap. Pierre Yves Bournazel et Rachida Dati ont pris le sujet à bras le corps. Promesse est difficilement réalisable : les quais ne sont pas adaptés et il faudrait installer des ascenseurs sur toutes les stations. Cout total de l’opération pour la seule ligne 6 : 800 millions d’euros, sans compter les imprévus.
Pierre-Yves Bournazel va plus loin. Avec lui, le réseau sera totalement transformé. Les lignes automatiques fonctionneront toute la nuit les vendredis et samedis soir, plusieurs lignes seront automatisées, les bus seront plus rapides et enfin à l’heure. Et cerise sur le gâteau, il y aura dans tous les premiers wagons des métros à partir de 20 heures, un policier et un agent de sécurité pour garantir la sécurité de tous. Jolies propositions sur le papier. Mais le réel revient au galop. La police municipale est exsangue, la circulation est de plus en plus difficile et on connait tous l’état des finances de la ville de Paris. L’heure est plus à la sobriété qu’aux idées révolutionnaires non-budgétées. “Les promesses n’engagent que ceux qui les croient” dit le dicton…
Haro sur l’insécurité
Et à droite, c’est aussi le festival d’un point de vue de la sécurité. Sarah Knafo a fait parler d’elle avec ses lampadaires boostés à l’IA, en cas d’agression détectée, ils projetteraient un faisceau lumineux sur l’agresseur, pour le dissuader d’agresser sa victime. Cela se passe de commentaires. Thierry Mariani, le candidat RN à la mairie de Paris propose lui purement et simplement de tripler le nombre de caméras de surveillance à Paris, le faisant passer au modeste nombre de 15 000. Le cout d’une telle opération, que ce soit l’installation, l’entretien ou la surveillance humaine, n’est pas précisé par le candidat. Mais Thierry Mariani se rattrape avec un point de son programme qui lui, est totalement réalisable (du moins nous l’espérons). Il s’agit de “faire strictement respecter le code de la route”. Sans Mariani, on n’y aurait pas pensé.
