Lutter contre la vacance commerciale : une ambition partagée mais des projets qui divergent parmi les candidats
Si les commerces de proximité sont au cœur de l’ensemble des programmes, les candidats s’opposent sur la réponse que doit apporter la ville à la problématique de la vacance commerciale.
A l’échelle locale, le visage commerçant d’une ville est bien une prérogative de la municipalité. Le maire peut soutenir l’activité économique en facilitant l’installation de certains commerces ou en encadrant la venue de certaines enseignes. Pierre-Yves Bournazel (Horizons) se montre particulièrement force de proposition sur ce sujet. Le candidat entend notamment allouer un budget de 35 millions d’euros pour le rachat de baux commerciaux vacants. Dans certains emplacements où les vacances sont nombreuses (notamment le boulevard Saint-Michel), le candidat propose que la mairie devienne plus qu’un intermédiaire : un réel bailleur. Sur la mandature, le candidat entend racheter « 500 commerces » pour « revitaliser Paris ».
« La municipalité doit cesser de jouer les entrepreneurs »
Pour ce faire, le candidat souhaite s’appuyer sur la SEM Paris. La société d’économie mixte Paris permet à la ville de gérer un parc de logements et de commerces dont elle est propriétaire. Cette même société est au contraire « sans intérêt » pour la candidate Reconquête ! .
Sarah Knafo entend ainsi vendre l’ensemble du parc détenu par la ville. La candidate d’une Ville heureuse souhaite que « la municipalité cesse de jouer les entrepreneurs ».
Elle se distingue ainsi sur ce point de l’ensemble des autres candidats. Emmanuel Grégoire, candidat PS-Écologistes-Place Publique veut ainsi « renforcer la puissance de la foncière Paris Commerces » tandis que la candidate LFI Sophia Chikirou appelle de ses vœux la création d’un label « Foncière d’utilité commerciale » pour renforcer encore plus le poids de la ville dans la gestion de ses vitrines commerciales.
« Faire confiance » aux commerçants : le pari de la proximité
La candidate LR, maire sortante du 7e arrondissement, entend quant à elle soutenir les commerces en réduisant le poids administratif qui pèse sur eux. Rachida Dati souligne ainsi vouloir instaurer un « guichet unique » pour les démarches administratives liées à la création de commerce. « Il faut leur faire confiance », complète-t-elle.
L’ancienne ministre de la Culture ne prévoit pas de mesure particulière visant la SEM Paris, tout comme le candidat Thierry Mariani. En revanche, la tête de liste du Rassemblement national dans la capitale entend bien « subventionner directement la reprise de commerces vacants ». Un fonds ambitieux de 50 millions d’euros est annoncé par l’ancien ministre sarkozyste ainsi qu’un plan « 1000 commerces » qui aura pour principal objectif de doper les circuits courts au sein de la capitale.
Gabriel Moser
