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La santé mentale, grande oubliée des programmes ?   

Alors que la santé mentale et le harcèlement sont des points névralgiques en milieu scolaire depuis quelques années, les solutions sont quasiment inexistantes dans les feuilles de routes de la plupart des candidats à la mairie de Paris. 

Selon l’Organisation mondiale de la santé, près de 35 000 jeunes souffrent de problèmes de santé mentale dans la capitale. Pourtant, presque aucun des principaux candidats n’en font mention dans leurs programmes. À minima, le candidat du Rassemblement national Thierry Mariani mentionne le sujet brièvement : dans son programme figure un tiret évoquant un « plan de prévention des maladies mentales dans nos écoles et collèges », sans précision aucune sur sa mise en exercice.  

Pierre-Yves Bournazel, seul prétendant à développer cette thématique 

Le candidat Horizons estime dans son programme que « la santé mentale des jeunes est devenue un enjeu majeur », rappelant qu’un quart des 15-29 ans déclarent présenter des symptômes dépressifs. Pierre-Yves Bournazel a pour objectif d’installer des cellules d’écoute psychologique dans des « Espaces Jeunes » et des centres « Paris Anim’ » qu’il souhaite créer s’il est élu. L’actuel conseiller de Paris propose aussi de développer des centres municipaux de santé dans chaque arrondissement, qui intégreraient notamment un espace consacré à la santé mentale. Il met également en avant des mesures liées au bien-être des adolescents, comme une « pause numérique » au collège, avec dépôt des téléphones à l’entrée des classes. 

Le harcèlement scolaire, grand absent  

Un thème reste absent des programmes : le harcèlement scolaire. Aucun des principaux aspirants à la mairie de Paris n’avancent de mesures spécifiques pour lutter contre ce phénomène dans les écoles, collèges et lycées. Pourtant, ce sujet est régulièrement mis en avant par les associations et les directions d’établissement qui tirent la sonnette d’alarme. Récemment, le 13 janvier dernier, une lycéenne de 17 ans s’est donnée la mort en Seine-et-Marne à la suite d’un harcèlement ciblé perpétré par certains de ses camarades.  

Dans une ville où les questions d’éducation et de jeunesse occupent une place centrale, la santé mentale apparaît donc encore marginale pour la plupart des candidats, malgré une situation particulièrement urgente. 

Tom Chadeffaud  

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