Où est passé Thierry Mariani ?
Candidat du premier parti de France dans la première ville de France, Thierry Mariani semble absent de la campagne des municipales à Paris. Position en retrait, campagne légère : pourquoi le Rassemblement national se fait-il si discret dans la capitale ?
Un coup d’arrêt. Le 7 janvier, Sarah Knafo annonce sa candidature à la mairie de Paris. Pour Thierry Mariani, c’est la fin des espoirs de rallier le second tour. L’eurodéputé était annoncé à 8% en juillet. En janvier, les courbes se croisent : tous deux à 7%, puis Sarah Knafo grimpe à 12% tandis que Thierry Mariani chute aujourd’hui à 4%.
Un électorat parisien moins favorable au RN
Ce report de voix de l’électorat RN vers Sarah Knafo n’est pas totalement surprenant. Paris est composé d’un électorat plus aisé et souvent plus sensible aux propositions libérales de la candidate de Reconquête.
Lors de l’élection présidentielle de 2022, Éric Zemmour était arrivé troisième à Paris avec 8% des suffrages, contre 5% pour Marine Le Pen, pourtant largement en tête au niveau national.
La candidate soutenue par Éric Zemmour a également mené une campagne plus visible, avec des propositions qui ont beaucoup fait parler. Enfin, bien que Thierry Mariani, ancien ministre de Nicolas Sarkozy, soit installé depuis longtemps dans le paysage politique, Sarah Knafo demeure une figure médiatique plus importante. L’eurodéputée Reconquête a même été désignée révélation politique de l’année par le Trombinoscope.
Une campagne minimaliste
Face à cette dynamique défavorable, Thierry Mariani semble avoir opté pour une stratégie plus légère ces dernières semaines, préférant commenter l’actualité et critiquer ses adversaires.
Sur ses réseaux sociaux, il se filme ainsi dans un restaurant parisien en dégustant un steak tartare. Une vidéo publiée en réponse au candidat du Parti socialiste, Emmanuel Grégoire, qui avait choisi de mettre en scène un kebab. « Je préfère le steak tartare avec de la bonne viande de chez nous », lance-t-il face caméra. La scène est accompagnée d’un verre de Côtes-du-Rhône, clin d’œil à sa région d’origine.
Il réitère l’exercice au Salon de l’agriculture, cette fois avec un kebab breton à base de cochon.
Des critiques appuyées contre Sarah Knafo
Si aucun de ses concurrents n’est totalement épargné, Thierry Mariani concentre ses critiques sur Sarah Knafo, notamment concernant l’union de la droite qu’elle appelle de ses vœux.
L’eurodéputé affirme incarner lui-même cette union, étant soutenu par le RN, par l’UDR d’Éric Ciotti et par le mouvement Identité-Libertés de Marion Maréchal.
Il s’en prend également à l’utilisation de l’intelligence artificielle dans la campagne de sa rivale. « Devenir maire n’est pas un jeu », affirme Thierry Mariani d’un ton grave.
Une campagne discrète dans la capitale
Pas de meeting annoncé, pas de venue de Jordan Bardella ou de Marine Le Pen : autant de signes d’une campagne menée à bas bruit. Cette discrétion peut aussi traduire le fossé qui sépare le RN de l’électorat parisien, majoritairement urbain et CSP+.
Elle peut également être interprétée comme un indice du faible investissement du parti dans cette bataille municipale.
Reste désormais à savoir si Thierry Mariani parviendra à dépasser la barre des 5%, seuil qui lui permettrait de fusionner sa liste avec celle d’un candidat qualifié pour le second tour. Pour l’instant, il se montre défavorable à cette option.
