Sarah Knafo, l’énarque de l’ombre propulsée en première ligne
Candidate de Reconquête à la mairie de Paris, elle entend faire de la capitale une « ville heureuse », plus sûre et moins taxée. Elle promet une tolérance zéro en matière de sécurité, un allègement massif des impôts locaux et une rupture avec l’urbanisme d’Anne Hidalgo.
Née le 24 avril 1993 aux Pavillons-sous-Bois, en Seine-Saint-Denis, dans une famille juive marocaine arrivée en France dans les années 1960, elle met volontiers en avant ce parcours d’enfant de banlieue élevée dans la culture du mérite scolaire. Après un cursus en économie à la Sorbonne, des études à Sciences Po Paris puis l’ENA, elle gravit les échelons de la haute fonction publique jusqu’à devenir magistrate à la Cour des comptes, chargée d’auditer l’utilisation de l’argent public.
En 2021, Sarah Knafo rejoint Reconquête, le parti fondé par Éric Zemmour, dont elle devient la cheffe d’orchestre et sa compagne par la même occasion. Elle se met en disponibilité de la Cour des comptes pour structurer le mouvement, piloter la levée de fonds, coordonner le programme et diriger la campagne présidentielle de 2022, rôle qui lui vaut le surnom d’« architecte de Reconquête ».
En 2024, elle est élue députée européenne, devenant l’une des rares élues du parti au niveau national. À Bruxelles et Strasbourg, elle s’affiche comme une voix dure sur l’immigration, l’islam politique et la souveraineté, revendiquant un positionnement de droite radicale assumé, à rebours de ce qu’on associe habituellement aux grands corps de l’État dont elle est issue.
Une outsider qui veut peser dans la bataille de Paris
Créditée d’environ 12 % des intentions de vote au premier tour, Sarah Knafo se situe autour de la quatrième place, derrière Emmanuel Grégoire et Rachida Dati, mais au niveau des autres droites parisiennes. Cette position en fait une outsider qui, en cas de dynamique, pourrait se maintenir au second tour et s’inviter dans les recompositions à droite, notamment face au Rassemblement national de Thierry Mariani.
Pour cette trentenaire issue de la haute fonction publique, enfant de l’immigration marocaine et désormais figure assumée de l’extrême droite, l’enjeu dépasse la seule mairie de Paris. Il s’agit de démontrer qu’une droite identitaire et ultra-sécuritaire peut trouver sa place dans une capitale longtemps dirigée par la gauche, et d’installer durablement Reconquête dans le paysage municipal parisien.
Des mesures « phares » pour Paris
En campagne, elle met en avant trois priorités qui résument sa promesse d’une capitale à la fois plus sûre, moins imposée et « réconciliée » avec la voiture et le patrimoine :
- Tripler les effectifs de la police municipale pour atteindre environ 8 000 agents armés, déployer massivement la vidéosurveillance et des outils d’intelligence artificielle, et instaurer une politique de tolérance zéro dans les transports et les quartiers jugés sensibles.
- Diviser par deux la taxe foncière et plusieurs taxes locales, financer cette baisse par un plan d’économies drastique, une réduction des effectifs municipaux et un moratoire sur les nouveaux logements sociaux jugés trop coûteux ou mal ciblés.
- Rétablir la place de la voiture et « l’esthétique de Paris » en rouvrant les voies sur berges à la circulation, en privatisant le nettoyage des rues et en revenant à un mobilier urbain plus classique, au nom de la propreté et de la « beauté » de la capitale.
L’eurodéputée promet déjà de tendre la main à Rachida Dati, Thierry Mariani ou Pierre-Yves Bournazel au second tour, assurant que « ceux qui refuseront la main tendue feront perdre la droite » dans une ville qu’elle jure ne plus vouloir laisser à la gauche.
