Avec quels candidats les Parisiens préfèrent boire un coup ?
Quoi de mieux qu’une bière en terrasse pour refaire le monde ? Et si vous pouviez refaire au moins Paris avec un candidat aux élections municipales, vous choisiriez qui ? Le Beer Test, lancé par l’agence CorioLink en partenariat avec l’IFOP, établit avec quel prétendant à l’Hôtel de Ville les Parisiens préfèrent-ils trinquer ?
L’enquête a été menée auprès d’un échantillon de 997 personnes inscrites sur les listes électorales. La représentativité a été assurée par la méthode des quotas (sexe, âge, profession) et les interviews ont été réalisées en ligne début février 2026.
Au comptoir, la politique se teste à hauteur d’homme
À Paris, le café reste un lieu politique à part entière. Les trois-quarts des habitants disent avoir déjà parlé politique autour d’un verre. Pour 61 %, le bar est un espace où l’on peut exprimer ses idées plus librement qu’ailleurs. La « politique de comptoir » n’est donc pas qu’une banale expression : elle est le foyer d’échanges d’idées et de convictions. Le tout loin des plateaux télé et des tops tendances sur X.
Le Beer Test IFOP est très interprétable. Le capital sympathie, le programme des candidats ou leur communication sont autant de facteurs qui justifient les résultats du test. Et il ne s’agit pas d’une intention de vote ; mais d’un désir de proximité, d’une opportunité intime pour créer du lien et comprendre la psychologie des candidats.
S’il n’avait le choix qu’entre les duellistes promis pour l’Hôtel de Ville, E. Grégoire conserve un léger avantage sur R. Dati, avec 35 % contre 32 %. Un tiers des sondés refuse catégoriquement de trinquer avec l’un ou l’autre. Plus marquant encore : dans le face-à-face entre S. Chikirou et S. Knafo, 60 % des Parisiens ne choisissent « aucune des deux ».
Pour E. Grégoire, candidat de l’Union des gauches et des écologistes, ce résultat ne doit rien au hasard. Il en est fier : « C’est grâce au terrain, et à mes convictions politiques. Sur les réseaux sociaux, j’étais moins bon que Rachida Dati, tout le monde me disait qu’elle allait m’écraser. Au final, Sarah Knafo l’a écrasée, sans pour autant récupérer de points aux sondages. » Avant d’ajouter, en souriant : « J’ai quand même été surpris par le temps que ça m’a pris de grimper en popularité. Ma progression veut donc dire beaucoup ! Les gens me font confiance, et veulent boire un coup avec moi. »

Sympathie, réseaux sociaux et méfiance
Si le bar favorise la discussion, il ne dissipe pas la défiance. Un tiers des Parisiens voient dans ces séquences au café de l’opportunisme électoral, et presque autant y perçoivent une mise en scène médiatique.
Mais concrètement, le lien entre le capital sympathie et le vote reste fragile. Fabrice, 53 ans, évacue d’emblée la question de l’image : « Moi, je ne vote pas. Je ne les aime pas les politiques ! Mais si un jour il y a un candidat égoïste, avec une tête de con et exécrable, du moment qu’il a un bon programme il faut voter pour lui. »
Marine, 29 ans, assure que « Ça n’influe pas sur mon vote. Je passe beaucoup de temps sur les réseaux sociaux et je n’aime pas le jeu des politiques dessus. Ce n’est pas le bagou ou l’influence qui doit guider le vote ». Son ami Guénolé reconnaît toutefois qu’ « inconsciemment ça doit y jouer », admettant que « le caractère et la tête du candidat peut influencer mon vote ».
Au fond, le Beer Test rappelle une chose simple : en politique comme au comptoir, tout se joue dans l’équilibre. En faire trop peut faire basculer la confiance en méfiance, comme trop de mousse peut faire déborder la pinte. Les candidats peuvent soigner l’étiquette, multiplier les tournées sur les réseaux ou sur les plateaux télé, mais c’est souvent au contact des gens que se mesure la sincérité. Certes à Paris les gens trinquent volontiers, débattent fort clope au bec et réimaginent la ville entre deux blondes. Mais au moment de glisser un bulletin dans l’urne, les Parisiens reposent le verre, essuient la mousse des promesses et choisissent surtout celui dont le programme tient la route.
Le sondage IFOP complet :
