La lutte contre le trafic de drogue : un thème central des programmes

La sécurité et le trafic de drogue figurent parmi les sujets les plus débattus dans la course à l’Hôtel de Ville de Paris. Face aux inquiétudes d’une partie des habitants, les principaux candidats avancent des propositions chiffrées, avec des visions parfois très différentes sur la manière de répondre au phénomène. 

Pour Rachida Dati, la priorité reste la fermeté. En plus d’un renforcement de la police municipale de 5 000 agents armés, elle propose l’installation de 8 000 caméras de vidéosurveillance dans l’espace public. Son projet inclut également une sécurisation renforcée des grands parcs et des jardins, ainsi qu’une présence accrue autour des écoles. L’objectif affiché est de dissuader les trafics et de reprendre le contrôle de certains secteurs jugés sensibles. 

Même ligne dure chez Sarah Knafo, qui défend une politique de « tolérance zéro ». Au-delà des effectifs de 8 000 policiers municipaux armés, elle souhaite recourir davantage aux technologies, notamment à l’intelligence artificielle pour analyser les images de caméras en temps réel et détecter plus rapidement les activités suspectes. 

De son côté, Thierry Mariani propose non seulement une hausse importante du nombre de caméras  jusqu’à 15 000 dispositifs selon ses annonces  mais aussi la création de brigades municipales spécialisées anti-drogue. Il souhaite par ailleurs supprimer les salles de consommation à moindre risque et mettre en place un centre dédié à la prise en charge des personnes toxicomanes. 

Spécialisation et action ciblée 

Pour Pierre-Yves Bournazel, la réponse doit être à la fois visible, structurée et rapide. Il propose la création de brigades spécialisées, notamment des unités canines capables d’intervenir sur les points de deal identifiés, avec des opérations ciblées dans les quartiers les plus touchés. 

Son programme prévoit également une présence renforcée dans les transports en commun, en lien avec la RATP, ainsi qu’aux abords des grands sites touristiques, régulièrement cités dans les signalements liés aux trafics et aux ventes à la sauvette. L’objectif est d’assurer une présence dissuasive dans les zones à forte fréquentation. 

Enfin, il insiste sur une coordination renforcée avec l’État et la Préfecture de police, la mairie n’ayant pas la compétence directe pour démanteler les grands réseaux criminels. Selon lui, la ville doit agir comme un appui local solide, capable de sécuriser le terrain pendant que les services nationaux s’attaquent aux filières structurées. 

Prévention, accompagnement et causes sociales 

À gauche, plusieurs candidats défendent une approche plus large que la seule répression. 

Emmanuel Grégoire propose de combiner sécurité et prévention. Il souhaite renforcer la coopération entre la police municipale, les travailleurs sociaux, les associations et les acteurs de terrain. L’objectif est aussi de s’attaquer aux causes du trafic, comme la précarité, le décrochage scolaire ou l’exclusion de certains jeunes. 

Pour Blandine Chauvel, le trafic de drogue reflète surtout des inégalités sociales profondes. Elle estime que la priorité doit être donnée aux réseaux criminels organisés plutôt qu’aux petits revendeurs, tout en renforçant l’accès à l’éducation, à l’emploi et aux services publics dans les quartiers populaires. Elle soutient également des actions concrètes de prévention et de réduction des risques, dans une logique de santé publique et d’accompagnement social des usagers. 

Un débat qui dépasse la seule question sécuritaire 

Derrière ces propositions se dessine un débat plus large : faut-il répondre principalement par la répression et la surveillance, ou agir davantage sur les causes sociales et la prévention des addictions ? 

Tous les candidats reconnaissent que le trafic de drogue a un impact sur la vie quotidienne de certains arrondissements, en alimentant insécurité et tensions. Mais leurs solutions diffèrent nettement, entre fermeté assumée, modernisation technologique, accompagnement social ou combinaison de ces approches. 

Le choix final appartiendra aux électeurs parisiens, appelés à décider de l’orientation qu’ils souhaitent donner à la capitale sur ce sujet sensible et complexe.

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